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Coopération agricole Coop de France toujours farouchement opposée au GIE export

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Lors d’une conférence de presse à Paris le 26 septembre, Philippe Mangin, président de Coop de France, a dénoncé le risque lié aux importantes exportations de viandes bovines françaises qui ne permettent plus d’approvisionner l’industrie domestique. Outre ces considérations sur les filières bovines, Philippe Mangin s’est globalement déclaré inquiet de la situation économique et financière de la zone euro, indiquant que les craintes d’une récession sont réelles. Selon lui, si les projets d’investissement sont nombreux au sein des coopératives, ces derniers pourraient tomber en attente en raison d’une frilosité des banquiers quant à la couverture des risques des investisseurs.

«Un différentiel de prix sur l’export de vif en bovins oblige certains industriels à importer de la viande, notamment d’Allemagne, pour satisfaire les besoins de leurs outils de transformation », a déclaré Philippe Mangin, président de Coop de France, lors d’une conférence de rentrée à Paris le 26 septembre. Selon lui, « l’avenir des filières viandes bovines ne passe pas par le tout export comme l’a dit le ministre de l’Agriculture ».

Les coopératives savent exporter
« C’est le métier des coopératives que d’exporter », a souligné Philippe Mangin, rappelant que la coopération n’était pas favorable au GIE (groupement d’intérêt économique) export en viandes. Selon lui, « l’exportation de viande bovine constitue un débouché aléatoire, cyclique et ce serait une erreur que de tout miser dessus ». En effet, si pour Philippe Mangin, « l’amélioration des débouchés à l’export est une bonne chose, il faut veiller à ce que les outils industriels français puissent toujours se fournir localement ». L’idée étant que même si les différentiels de prix incitent à exporter, une part de la production doit être conservée pour le marché domestique. Mais la tâche ne sera pas facile, car en viande bovine, les filières sont atomisées et la coopération ne représente que 35% des parts de marché, a souligné Philippe Mangin. Puis il a défendu la position de la coopération agricole quant à la contractualisation en expliquant que les coopératives ne faisaient pas de résistance, « contrairement à ce qui est dit », et qu’elles étaient disposées à la mettre en œuvre. « Nous sommes malmenés sur ce sujet et on a hâte d’avoir les explications de Bruno Le Maire », a enfin indiqué Philippe Mangin.

Des problèmes de compétitivité et de structuration des filières
« En terme de compétitivité il faut trouver des solutions concernant les distorsions de concurrence au sein de l’Union européenne sur les charges des entreprises, les coûts de main d’œuvre, la fiscalité et les réglementations », a insisté une nouvelle fois Philippe Mangin. Pour lui, la captation de la valeur ajoutée est à améliorer par une segmentation accrue de l’offre, et en jouant sur les effets de taille des entreprises à l’export ou face aux acheteurs locaux comme la grande distribution. D’ailleurs, les actuelles concentrations de coopératives, au travers d’associations ou de grands rapprochements, répondent à cette logique. « Il y a aussi une faiblesse française en termes d’organisation des producteurs à l’exemple des filières fruits et légumes », a souligné Philippe Mangin. Selon lui, ce secteur doit faire sa révolution et mettre en œuvre de vrais organismes de producteurs, et des transferts de propriété pour faire face massivement aux acheteurs. Enfin, concernant la volatilité, Philippe Mangin a indiqué que « la gravité de la situation se confirme, à savoir, une financiarisation accrue des marchés agricoles en marche qui devient excessive car elle n’est ni régulée, ni maîtrisée ». A ce sujet, Coop de France déclare soutenir les propositions faites par le G20 en matière de régulation des marchés.

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