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Coopératives/Résultats Coopagri Bretagne affirme sa bonne santé

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Coopagri va mieux, selon les dirigeants du groupe coopératif breton. Chiffre d’affaires 2004 en hausse, endettement en baisse, investissements en progression… Tout est là, sauf le résultat net 2004, que le groupe n’a pas souhaité communiquer. Coopagri Bretagne semble en tout cas déterminé à aller de l’avant, avec une stratégie offensive d’alliances, comme récemment dans les ovoproduits avec Glon et pourquoi pas prochainement dans le lait.

Progression du chiffre d’affaires, endettement en baisse, investissements en hausse, construction de nouveaux sites… Tous les indicateurs sont au beau fixe pour Coopagri Bretagne si l’on en croit ses dirigeants. «  Les résultats 2004 de Coopagri sont en nette amélioration. Cela n’a pourtant pas toujours été le cas. Toutes nos filiales affichent désormais une bonne santé», affirmait fièrement le 6 juin, le président Denis Manac’h, lors de la présentation des résultats du groupe.

C.A. EN HAUSSE à 1,416 MILLIARD D’EUROS

Le chiffre d’affaires du groupe est passé de 1,372 milliard d’euros en 2003 à

1,416 milliard en 2004. Dans le même temps, la capacité d’autofinancement a progressé (+ 9 millions d’euros pour atteindre 39,1 millions), en même temps que les fonds propres (117,5 millions d’euros, contre 105,7 en 2003). Signe de bonne santé également, l’endettement à long et moyen terme a reculé de 6,5 % en un an, pour tomber à 88,829 millions d’euros (- 22 % en quatre ans). «  Cela a pu se faire sans diminuer les investissements », tient à préciser le directeur général Jean-Bernard Solliec. En 2004, le groupe a en effet investi plus de 30 millions d’euros, contre 25 en 2003. 7,5 millions ont été alloués à la coopérative Coopagri, tandis que près de 7 ont été consacrés à la nouvelle implantation espagnole, Gelagri Espagne en Andalousie  Cf Agra alimentation n°1886 du 2 juin 2005, page 23. Une part équivalente, répartie sur 2004 et 2005 a permis de développer avec Carrefour, les « conserves pratiques » présentées au Sial 2004, barquettes de légumes appertisés en plastique. Un petit bémol, tout de même, le chiffre d’affaires de la coopérative seule, sans les filiales, a légèrement diminué. Il a en effet reculé de 18 millions pour atteindre 827 millions d’euros en 2004. Le groupe n’a en revanche pas voulu faire part de son résultat net, « comme c’est le cas pour les concurrents » a indiqué Jean-Bernard Solliec, craignant certainement de le voir mal interprété.

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UNE STRATEGIE « PAYANTE »

Depuis un an, Coopagri Bretagne a visiblement adopté une stratégie plus efficace et offensive. «  Nous nous sommes débarrassés des secteurs déficitaires et avons établi des alliances», explique Denis Manac’h. Le groupe s’est en effet séparé de la jardinerie JPC en Seine-et-Marne et a récemment regroupé ses activités d’ovoproduits avec celles du groupe Glon, dans la société commune Ovoteam  Cf Agra alimentation n°1886 du 2 juin 2005, pages 1 à 5. Le groupe a par ailleurs racheté la société d’alimentation animale Tregor Aliments (5 millions d’euros de CA), à Guingamp, ainsi que Barbier Services (8 millions de C.A.) en Ile-et-Vilaine, spécialisée dans les agrofournitures. Par l’intermédiaire de sa filiale Socopa, le groupe a par ailleurs absorbé l’été dernier la société Bahier, n°1 du boudin et n°2 des rillettes en France, représentant un chiffre d’affaires de 61 millions d’euros. Et cette stratégie semble bien fonctionner, puisque le groupe va reverser cette année au terme de l’exercice 2004, 2,25 millions d’euros à ses adhérents agriculteurs. «  Ce montant qui représente le tiers du résultat 2004 de la coopérative seule, sera en grande partie reversé sous forme d’intérêts du capital social, le reste étant sous forme de ristournes », a précisé Denis Manac’h.

DE NOUVELLES ALLIANCES POSSIBLES

Le groupe ne compte pas, semble-t-il, vouloir s’arrêter en si bon chemin. A l’automne, sa filiale Distri Vert va ouvrir près de Rennes son plus grand Magasin Vert et Sicarbu Bretagne, filiale spécialisée dans les produits pétroliers, scellera définitivement son alliance avec la Coopérative des agriculteurs de la Mayenne pour élargir son périmètre de distribution. Par ailleurs, à l’image de l’alliance avec Glon, Coopagri ne serait pas contre un projet similaire dans le lait, à travers Laïta, société de commercialisation des beurres et fromages, détenue aujourd’hui à parts égales par Coopagri, Even et Terrena. Denis Manac’h souhaiterait pouvoir regrouper toutes les activités de transformation des trois coopératives dans cette société. «  Mais les partenaires n’affichent pas le même entrain que nous et souhaitent garder leur indépendance», concède le président de Coopagri. « On réussira un jour, nous en sommes convaincus » affirme-t-il cependant. Quant à d’autres alliances dans d’autres secteurs, Denis Manac’h veut «  rester prudent mais ouvert». «  L’alliance doit se faire si elle apporte quelque chose à l’entreprise » ajoute-t-il.