« Nous vivons une période de révolution des marchés », a souligné le 5 juin le directeur de Coopagri Bretagne, Jean-Bernard Solliec. Alors que les prix de vente à la distribution restent stables, les coûts de revient des agriculteurs ne cessent de flamber. Dans ce contexte, l’activité 2006 de Coopagri Bretagne « a été laborieuse ». Malgré un chiffre d’affaires en légère hausse, à 1,453 milliard d’euros, le résultat net a reculé, à 8,404 millions d’euros, marqué, entre autres, par les conséquences de la grippe aviaire.
«Allons-nous manquer demain de matières alimentaires ? », a demandé le 5 juin Denis Manac’h, président de Coopagri Bretagne, mettant en garde contre « une possible pénurie à venir ». « Nous vivons une période de révolution des marchés. Nous passons d’une ère d’excédents de produits agricoles à une ère où nous aurons du mal à produire ce que les clients nous demandent », a poursuivi de son côté le directeur du groupe, Jean-Bernard Solliec. « Augmentation des surfaces agricoles pour la fourniture d’énergie, hausse des incidents climatiques et des exigences environnementales » sont parmi « les éléments perturbateurs des marchés qui limitent la production et font flamber les cours des matières premières ». A cela s’ajoute « un désintérêt des agriculteurs » pour certaines productions, comme les légumes, « au profit des céréales ».
Coûts de production
« Si nous ne sommes pas capables de ramener la rentabilité légumière sur la rentabilité céréalière, alors nous ne ferons plus de légumes », a déploré Jean-Bernard Solliec. Dans la viande, le directeur de Coopagri Bretagne constate « de grosses difficultés à répercuter les coûts sur la filière ». « Il faudra bien que nos clients comprennent que pour acheter, il faut payer », a-t-il lancé. Même tableau pour la volaille. Denis Manac’h parle d’un « retour de la consommation », alors que « la production ne suit pas et n’est pas motivée, en raison de la faible rentabilité des élevages ». Dans ce contexte de marché perturbé, Jean-Bernard Solliec parle d’une « année 2006 laborieuse » pour Coopagri Bretagne. Malgré un chiffre d’affaires en légère hausse à 1,453 milliard d’euros, contre 1,439 milliard d’euros en 2005, le résultat net a reculé à 8,404 millions d’euros contre 11,491 millions d’euros. Le directeur pointe du doigt l’impact de la grippe aviaire au premier semestre et les hausses de prix des matières premières.
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Création de Caliance
Malgré un résultat net de 500 000 euros en 2006 pour la filiale volailles Ronsard, la grippe aviaire a tout de même coûté 1,5 million d’euros au groupe, selon Jean-Bernard Solliec. « Mais nous nous en sortons plutôt bien par rapport à nos craintes et nos concurrents », tempère-t-il. L’endettement à long et moyen terme a reculé pour atteindre 61 % des capitaux propres, contre 66 % un an plus tôt et 127 % en 1998 ! Dans les céréales, l’année 2006 a été marquée par la création de l’union Caliance pour les achats d’agrofournitures et la commercialisation de céréales. Créée par Coopagri Bretagne, la Coopérative des agriculteurs de la Mayenne (Cam 53) et Végam, filiale du groupe coopératif Coralis, elle a été rejointe fin mai par la Coopérative des agriculteurs du Morbihan (Cam 56). Caliance doit générer un chiffre d’affaires de 184 millions d’euros, dont 100 apportés par Coopagri Bretagne, et commercialiser un million de tonnes de céréales par an.
Déception sur Ovoteam
Forte déception en revanche pour le premier exercice complet de la filiale Ovoteam, créée en 2005 avec Glon et détenue à 39 %. « Le marché est difficile et très désorganisé. Ovoteam n’a pas été à la hauteur de nos attentes », reconnaît Denis Manac’h, en indiquant qu’Ovoteam a terminé l’année dans le rouge, sans vouloir donner plus de détails. Du côté de la volaille, Coopagri Bretagne veut développer fortement l’activité produits élaborés d’ici 2010. 4 à 6 millions d’euros devraient être investis pour passer de 6 000 tonnes par an à 10 000 tonnes produites dans 3 ans. Sur les produits laitiers, Denis Manac’h n’a pas caché une nouvelle fois son souhait de voir évoluer prochainement l’activité de la filiale de commercialisation Laïta, détenue avec Even et Terrena. Sans vouloir en dire plus pour l’instant, reconnaissant avoir signé « une clause de confidentialité sur le sujet », il a fait part d’un « certain nombre de difficultés » pour passer à l’étape supérieure dans l’immédiat.