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Produits laitiers, légumes surgelés Coopagri Bretagne veut s’adapter durablement

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Coopagri Bretagne a fait part le 8 juin de « choix stratégiques pour s’adapter durablement » à la dérégulation des marchés et au durcissement réglementaire. Une démarche indispensable pour un groupe plus agricole qu’industriel.

Le groupe Coopagri Bretagne, basé à Landerneau dans le Finistère, a réalisé en 2003 un chiffre d’affaires de 1,372 milliard d’euros et dégagé un modeste résultat net de 7,23 millions d’euros, avec 4 600 salariés et près de 18 000 sociétaires. Ce petit profit participe au désendettement du groupe et à l’augmentation de ses fonds propres à 105 millions d’euros. La marge brute d’autofinancement atteint 30,3 millions. Mais l’amélioration de la structure financière de Coopagri Bretagne découle d’abord, selon le directeur général Jean-Bernard Solliec, de la justesse des choix stratégiques antérieurs, et qui se sont poursuivis sur 2003.

Des coûts plus bas

Second collecteur de lait en Bretagne avec 689 millions de litres, le groupe a amélioré son accord de ramassage de lait en commun avec le premier collecteur de la région, Unicopa. La coopérative de Landerneau a également fermé deux petits outils, produisant pour l’un de l’emmental et pour l’autre des ovoproduits. Dans les deux cas, les fabrications ont été transférées vers des outils plus grands. « Il nous faut des coûts plus bas, dans les fermes comme dans l’industrie », a souligné Denis Manac’h, président du groupe dont le lait et les ovoproduits constituent le premier métier (31 % des ventes).

Les métiers du conseil aux agriculteurs vont encore se développer et les activités de distribution aux professionnels se renforcer. Surtout, Coopagri Bretagne veut continuer de se diversifier, notamment dans la distribution grand public La coopérative rachète actuellement des terrains un peu partout en Bretagne pour assurer, demain, la reconstruction des Magasin Vert et Point Vert (une centaine de points de vente). Avec les enseignes dédiées aux agriculteurs, ce pôle représente à lui seul 6,5 % du chiffre d’affaires.

Des débouchés rentables

Sur le plan industriel, Coopagri Bretagne vise l’accroissement du niveau d’élaboration. 13 millions d’euros d’investissements vont être engagés en 2004 chez Gelagri, filiale en légumes surgelés (10 % des ventes). Ils sont destinés à l’augmentation de capacités des lignes de produits élaborés dans une de ses usines et la construction d’une unité en Espagne.

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Le groupe prévoit aussi l’augmentation, cette année, de ses capacités de production d’emmental dans la Fromagerie de l’Iroise. « Pour continuer à faire du lait, a analysé Jean-Bernard Solliec, il nous faut créer des débouchés rentables, donc des axes consommateurs, par le fromage ».

En revanche, aucune annonce n’a été faite pour la branche volaille de Coopagri (10 % des ventes). Elle s’est parfaitement tirée d’affaire sur un marché difficile. Avec 45 700 tonnes de produits finis, sa filiale Ronsard et les sociétés annexes ont enregistré, en effet, un résultat positif de 2,8 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 132 millions.

Coopagri Bretagne a semblé, lors de cette présentation de résultats, moins parler de ses marques Paysan Breton pour les produits laitiers (avec Even et Terrena) et Valtéro pour la viande dans Socopa. Il est vrai que l’heure est bien à l’adaptation des structures pour faire face aux fortes secousses qui ne manqueront pas de secouer l’agriculture et l’agroalimentaire « dès 2004 et les années à venir », a-t-on analysé chez Coopagri Bretagne.