La crise de la viande bovine et les blocages des abattoirs ont fait rejaillir le débat sur la responsabilité des coopératives. Sont-elles encore au service des agriculteurs-éleveurs ? Le débat n'est pas d'aujourd'hui. Plus une coopérative grandit, plus elle doit se développer et plus, souvent, sa stratégie d'entreprise peut entrer en conflit avec le service rendu à l'adhérent. Exemple concret : faut-il redistribuer davantage à l'adhérent et lui verser des prix plus élevés ou plutôt améliorer les résultats financiers pour pouvoir investir sur le long terme ? Autre manière de considérer la question : les élus agriculteurs ont-ils encore le pouvoir ou l'ont-ils trop délégué à des cadres dirigeants salariés, à la « technostructure », comme on dit.
La solution idéale à ce dilemme ne sera jamais trouvée. Il ne s'agit pas seulement d'un partage entre adhérents et entreprise, il s'agit d'un choix entre court terme et long terme. Les agriculteurs ont besoin que leur coop survive durablement à la concurrence. D'où la nécessité de résultats suffisants pour pouvoir investir, se développer, en France comme ailleurs. Mais cela implique, de la part de la coop, une explication permanente, de ce qu'elle fait, chiffres à l'appui. Qu'elle démontre que si elle ne paie pas des prix aussi élevés que désirés, c'est pour maintenir et moderniser l'outil industriel et commercial.
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Cela implique aussi, sans doute, qu'il faille associer davantage d'adhérents à la gestion de l'entreprise. Un moyen d'y parvenir est sans doute de faire tourner davantage les élus. Les institutions qui ne sont pas comprises par leurs adhérents-propriétaires sont celles qui concentrent le pouvoir trop longtemps dans une équipe trop restreinte d'élus et de cadres. En somme, pour préserver la pérennité des coop, il faut sans doute faire fonctionner davantage la démocratie coopérative.