« Je ne suis pas adhérent à Triskalia ou Eureden. Je n’ai pas de parts sociales. Et j’ai du mal à encaisser qu’on mette en cause ma probité », a déclaré Christian Moisan à Agra Presse le 7 janvier. Agriculteur à la retraite « depuis sept ans », anciennement sociétaire non élu de Nutréa/Triskalia, où il assure ne plus posséder de parts, M. Moisan est assesseur (ndlr. juge) au pôle social du tribunal judiciaire de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) où il représente les non-salariés agricoles.
Le 6 janvier en conférence de presse, l’antenne bretonne du syndicat Solidaires et le comité de soutien des victimes des pesticides de Triskalia ont dénoncé un conflit d’intérêt le concernant. Selon eux, M. Moisan « aurait dû se déporter » d’une affaire opposant un livreur d’aliment à son ancien employeur, la société Nutréa/Triskalia « car on ne peut pas être juge et partie ». Le plaignant, Claude Le Guyader, demandait la reconnaissance de la faute inexcusable de son employeur dans la maladie professionnelle dont il est atteint. Une demande dont il a été débouté dans un jugement rendu le 10 décembre par le tribunal de Saint-Brieuc où siégeait l’assesseur.
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« [M. Moisan] est toujours adhérent chez Triskalia » avait affirmé le représentant du comité de soutien René Louail lors du point presse. « Et même s’il n’était pas adhérent, il a été pendant tellement longtemps dans l’histoire de Triskalia qu’aujourd’hui il ne va pas renier toute une partie de son histoire. » Contactée par Agra Presse, la coopérative Eureden (ex-Triskalia) a indiqué faire des recherches pour clarifier d’éventuels liens avec l’assesseur. M. Moisan a pour sa part confié qu’il aurait « une conversation avec la magistrate ». Quant à Claude Le Guyader, il compte faire appel de la décision du tribunal de Saint-Brieuc.
« On ne peut pas être juge et partie »