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Viandes/Acquisition Cooperl Arc Atlantique investit dans le commerce de proximité

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Le leader de la viande porcine en France, le groupe coopératif breton Cooperl Arc Atlantique, se prépare à racheter Défi Viande, un réseau d’environ 80 boucheries traditionnelles. C’est «une nouvelle étape dans la structuration de la filière de valorisation des viandes de Cooperl Arc Atlantique», dit le groupe.
L’annonce présentée comme « un nouveau projet stratégique » a été faite le 2 mars au siège de l’entreprise coopérative à Lamballe (Côtes d’Armor). Ce réseau regroupe différentes enseignes (Maxi Viande, Chevy, Marc Munier, Amboise des Viandes et Nivernaise des Viandes) qui réalisent un chiffre d’affaires d’environ 50 millions d’euros, avec près de 500 salariés. Cette opération de croissance externe annoncée après plusieurs mois de négociations n’est en rien une question de volume. En effet, «Défi Viande» ne commercialise que 6000 t de viande par an dont seulement 18 % en porc. Autant dire une infime goutte d’eau dans le volume de viande de porc (475 000 t) mis sur le marché par Cooperl Arc Atlantique l’an passé, pour un chiffre d’affaires de 1,750 milliard d’euros et 4 320 salariés.

Recherche de la valeur
« Nous entrons dans cette activité pour nous diversifier et chercher de nouveaux vecteurs de croissance, précise Emanuel Commault, directeur général du groupe, sans perturber le commerce avec nos autres clients ». Cooperl Arc Atlantique répartit son activité par tiers (GMS, industrie, export), mais sans avoir de contact direct avec les consommateurs. Clairement, Cooperl Arc Atlantique pourra expérimenter dans ces points de vente de nouveaux produits ou emballages et disposer de retours d’informations immédiats. Précieux, très précieux sur un marché mondialisé plus que jamais guidé par le prix. « Les produits élaborés représentent actuellement 15 à 20 % de notre offre en GMS », ajoute le directeur général.
Pour autant, ce n’est pas avec ce réseau que Cooperl Arc Atlantique va révolutionner son offre. Et le groupe ne dit pas s’il compte développer le nombre de points de vente. Mais cette acquisition peut constituer « une nouvelle étape dans la structuration de la filière de valorisation de (ses) viandes », dit-il. Toutes les opportunités de diversification vers une meilleure valorisation sont donc bonnes à prendre sur un marché « actuellement très difficile, avec de faibles marges et un prix des pièces très bas qui s’aligne sur le marché allemand », poursuit Emmanuel Commault.
Tout à la fois producteur de porcs (5,970 millions de têtes) et industriel de la viande porcine, Cooperl Arc Atlantique subit un désastreux effet ciseau, avec un prix bas sur les animaux vifs et une maigre valorisation. L’addition des deux donne un chiffre d’affaires qui baisse mécaniquement. Aussi Cooperl Arc Atlantique cherche-t-il de la valeur dans ce réseau « boucherie » tout en soignant ses positions dans la GMS française approvisionnée essentiellement en viande fraîche hexagonale, et en restant très actif sur les marchés mondiaux. Mais la concurrence est aussi rude là que dans le débouché de l’industrie.

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