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Viande de porc/Résultats Cooperl Arc Atlantique soutient sa croissance

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Un chiffre d’affaires en croissance organique de 2 % et un résultat net qui conforte sa structure financière. Cooperl Arc Atlantique a réalisé un exercice 2009 satisfaisant, marqué par la fusion avec ARCA et une importante opération de croissance externe en charcuterie. Mais les distorsions de concurrence en faveur de la filière allemande continuent de semer le trouble.

Le groupe porcin coopératif Cooperl Arc Atlantique (Lamballe, Côtes d’Armor) a retiré les fruits de sa fusion avec ARCA en septembre 2008, ont indiqué ses dirigeants le 4 juin. Le rapprochement d’ARCA et de Cooperl Hunaudaye, au début 2009, a fait de l’ensemble le premier groupe porcin français (le quart de la production française), avec un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros (4 300 salariés) dans la valorisation industrielle de 5 millions de porcs par an, juste devant Bigard Socopa.
« Les objectifs d’économies opérationnelles sont atteints », explique Emmanuel Commault, directeur général. Le résultat net du groupe (11 millions d’euros) « n’est pas flamboyant, mais il conforte la structure financière du groupe ». L’adhésion à Cooperl des éleveurs auparavant chez ARCA a conforté ses fabrications en aliments du bétail. Le groupe porcin fabrique actuellement 1,6 million de tonnes d’aliments par an, et peut à tout moment augmenter ses capacités, après investissements.
Dans la foulée de cette première opération, Cooperl Arc Atlantique a procédé à une opération de croissance externe majeure en reprenant à Unicopa, groupe coopératif aujourd’hui disparu, sa branche salaisons (ex-Charcuteries de Brocéliande). Par ce rachat, Cooperl Arc Atlantique a triplé son potentiel de fabrication de charcuterie à 74 000 t. Le groupe se place au premier rang du marché des MDD en libre-service, ex-aequo avec Aoste. Selon sa direction, le renforcement de Cooperl dans la charcuterie salaisons n’a pas modifié ses relations avec ses clients salaisonniers « car il n’y a pas eu d’augmentation de capacités industrielles sur le marché », souligne Guy Dartois, président de Cooperl Arc Atlantique.

Investir 30 millions par an
Mais autant dans l’industrie de la viande que dans celle de la salaison, le groupe costarmoricain doit désormais investir massivement dans la remise à niveau et la modernisation de ses usines. Le directeur général annonce qu’il va maintenir le rythme de 30 millions d’euros par an. D’abord pour adapter la découpe de l’abattoir de Saint-Maixent-l’Ecole (Deux-Sèvres) aux normes du groupe ; ensuite pour moderniser les usines de la branche charcuterie. Dans la salaisonnerie de Loudéac (Côtes d’Armor), seront injectés près de 15 M EUR dans les prochaines années.
Face aux industriels allemands qui dominent l’Europe porcine, Cooperl Arc Atlantique estime payant, pour l’instant, sa stratégie de « filière verticale intégrée », souligne Emmanuel Commault. Tout en ajoutant aussitôt que les avantages fiscaux, sociaux et environnementaux accordés à la production porcine allemande empêchent une concurrence saine et loyale sur le marché du porc.
Dans un document, Cooperl Arc Atlantique a calculé qu’un producteur français naisseur engraisseur de 200 truies dépense 40 000 euros de plus qu’un producteur allemand de même taille pour sortir 4 500 porcs charcutiers dans l’année. Cooperl Arc Atlantique devrait annoncer avant la fin juin le lancement d’une action interprofessionnelle au niveau national pour dénoncer publiquement ces distorsions, « qui sont à terme potentiellement mortelles pour la filière française », n’hésite pas à dire Emmanuel Commault.

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