Abonné

PORC/RÉSULTAT Cooperl continue d'investir malgré la crise

- - 3 min

Malgré le contexte difficile, Cooperl Arc Atlantique continue de croire en l'avenir du porc en France. Il a fortement investi l'an passé en quête d'innovation et de performances industrielles.

En 2015, le chiffre d'affaires du groupe coopératif Cooperl Arc Atlantique (Lamballe, Côtes d'Armor) est resté stable à 2 milliards d'euros (35 % à l'export), tandis que son résultat net a été divisé par trois en un an, à 5 millions d'euros. En cause, la forte dégradation des conditions de marché : les cours se sont effondrés partout en Europe durant l'année dernière à la suite de la mise en place par la Russie d'un embargo sur tout une liste de produits agricoles. Pour autant, les 2 700 éleveurs adhérents du groupe spécialisé dans la production et l'abattage de porcs n'ont pas réduit leur production, mais l'ont fait progresser de 3 %, à 5,7 millions de têtes. Les trois abattoirs du groupe ont tourné à plein : ils ont traité 4,9 millions de porcs dans l'année (+ 100 000).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Dans cette situation de crise, les dirigeants de Cooperl Arc Atlantique (5 300 salariés) affichent un seul credo : continuer d'investir et d'innover pour augmenter le niveau de valeur ajoutée de l'activité. « Nous avons investi 57 millions d'euros dans nos outils (+30 % en un an) en 2015 », souligne Patrice Drillet, président du groupe. Les dirigeants ne donnent pas la répartition de ces investissements. Ils précisent juste avoir injecté 15 millions d'euros dans la fin du programme de modernisation des usines de Brocéliande, leur branche charcuterie-salaisons (258 millions d'euros de chiffres d'affaires). Parallèlement, ils orientent à marche forcée leur production de porcs élevés sans antibiotiques (après sevrage) sur des mâles entiers. 90 % de leurs mâles ne sont pas castrés et sur cette base, 1 million sont élevés sans antibiotiques, « bientôt 1,5 million », ajoute Patrice Drillet. Cette manière de conduire un élevage est clairement identifiée sur les barquettes des produits transformés fabriqués par Brocéliande, que ce soit sous sa propre marque « qui progresse », selon le directeur général Emmanuel Commault, ou sous marques de distributeurs. L'objectif de Coo-perl est clair : dégager suffisamment de richesse pour compenser l'écart de compétitivité avec les principaux acteurs du porc en Europe, estimé à un équivalent porc de 20 euros par tête, soit un peu plus de 110 millions d'euros. Cette année, le niveau des ventes à l'export du groupe devrait atteindre des records en volume. Le commerce mondial est actuellement très bien orienté grâce aux importants achats de ma Chine en viande de porcs sur le marché mondial. Ce qui a pour effet de redresser les prix payés aux producteurs depuis le printemps.