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COP28 : accord sur une « transition hors » des énergies fossiles

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Les États participant à la Cop28 se sont mis d’accord pour abandonner progressivement les énergies fossiles dans les systèmes énergétiques. Une décision qui ne concerne pas le secteur des engrais, selon les observateurs.

Les pays du monde entier ont approuvé à la COP28 de Dubaï, le 13 décembre, un accord qualifié d’historique appelant à abandonner progressivement les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz). Le texte a été adopté par consensus des 200 nations représentées en séance plénière. Enfanté dans la douleur, il appelle le monde à « effectuer une transition hors » (transitioning away, en anglais) des énergies fossiles et non une « suppression progressive » (phasing out), expression réclamée par une centaine de pays et d’ONG mais inacceptable pour certains États pétroliers.

Cette transition concerne « les systèmes énergétiques » et doit être opérée de manière « juste, ordonnée et équitable » avec une accélération dans la décennie actuelle et afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Pour y parvenir, le texte appelle à tripler les capacités d’énergies renouvelables et à doubler le rythme d’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici 2030. Il appelle aussi à accélérer les technologies "zéro carbone" et "bas carbone" dont le nucléaire, l’hydrogène bas carbone, et le captage et stockage du carbone. « Le texte appelle pour la première fois à la sortie progressive des énergies fossiles, en cohérence avec l’objectif des 1,5°C », niveau de réchauffement planétaire inscrit dans l’accord de Paris en 2015. « C’est la première fois que tous les pays convergent sur ce point », s’est réjouie la ministre de la Transition énergétique Angès Pannier-Runacher, présente à Dubaï.

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Nombre record de lobbyistes

« Je tiens à dire que la sortie des combustibles fossiles est inévitable, qu’ils le veuillent ou non. Espérons qu’elle n’arrive pas trop tard », a réagi le secrétaire général de l’ONU António Guterres dans un communiqué en s’adressant à « ceux qui se sont opposés à une référence claire » sur cette notion d’élimination dans le texte de la COP28.

Si cette transition concerne les systèmes énergétiques, elle ne laisse de côté le secteur des engrais. Un fait sans doute à mettre en regard du nombre record de lobbyistes présents à Dubaï pour l’agro-industrie, selon The Guardian (article en anglais). D’après le quotidien britannique, les lobbyistes du secteur des engrais de synthèse présents à la COP sont passés de treize en 2022 à quarante en 2023. Le nombre de lobbyistes en faveur des pesticides a augmenté de 30 % sur un an, avec vingt-neuf délégués pour Bayer, Syngenta, BASF et leur association commerciale Croplife. L’effectif des lobbyistes du secteur de la viande et de l’industrie laitière à quant à lui triplé, avec 120 délégués présents à Dubaï. Plus largement, le nombre de personnes défendant les intérêts de « l’agribusiness » a plus que doublé avec 340 représentants.

Pléthore de lobbyistes de l’agribusiness