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Céréales Copa et Cogeca s’alarment de la faiblesse du marché céréalier

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Les organisations agricoles majoritaires de l’UE, le Copa et la Cogeca, demandent à la Commission européenne de trouver rapidement des solutions pour protéger les producteurs de céréales « contre les risques d’une volatilité accrue sur les marchés ». A ce stade, aucune mesure particulière n’est prévue dans les services agricoles de la Commission, où l’on dit suivre attentivement la situation du marche et être prêt à agir si nécessaire.

Le Copa et la Cogeca demandent à la Commission européenne d’agir de façon urgente pour faire face à la situation critique des prix sur les marchés des céréales. Les prix du blé ont chuté de 54 % entre janvier 2008 et novembre 2009, déplore Paul Temple, le président du groupe de travail « céréales » du Copa-Cogeca. « Dans le même temps, souligne-t-il, les coûts de production et ceux liés au changement climatique augmentent et l’accès au crédit devient problématique ». Les producteurs, poursuit-il en substance, se trouvent dans une situation économique intenable qui les pousse à moins produire dans un souci de rentabilité alors que l’approvisionnement reste une priorité.

La production prévue en baisse de 5 %
Pour 2010, la production européenne de céréales est attendue en baisse de 5 % par le Copa-Cogeca à 288,9 millions de tonnes dont 128 Mt de blé tendre (- 7,8 %), 7,9 Mt de blé dur (- 17%), 60,9 Mt d’orge ( - 5,5 %), 56,6 Mt de maïs (-9,1 %) et 8,6 Mt d’avoine (-2,4 %). Les récoltes sont, en revanche, prévues en hausse pour le seigle 9,6 Mt (+ 4,1 %M), le triticale 11,2 Mt (+ 1,9 %) et le sorgho 0,62 Mt (+ 16 %).
Les rendements à l’hectare sont estimés en baisse de 3,8 % à 5 tonnes à l’hectare et les emblavements subiraient une chute de 3,2 % % à 58,2 millions d’hectares. Pour le Copa-Cogeca cette baisse importante de la production risque de provoquer une forte augmentation du prix des céréales, ce qui aurait « des répercussions catastrophiques sur les prix des aliments pour animaux et pour le secteur européen de l’élevage ».
Le Copa et le Cogeca s’inquiètent également de la baisse des exportations européennes de céréales. Les engagements à l’exportation atteignaient fin novembre 8,1 millions de tonnes depuis juillet dernier, contre 13,7 Mt à la même époque l’an dernier. Cinq mois après le début de la campagne, l’UE reste néanmoins un exportateur net (exportation moins importation), avec un volume de 4,8 millions de tonnes. L’an dernier à la même époque, l’UE affichait un solde positif de 9,4 Mt. Malgré cette baisse, la Commission ne croit pas utile de réactiver les restitutions à l’exportation. Il existe, selon elle, encore beaucoup d’incertitude sur les marchés et les conditions sont réunies pour que les prix augmentent à l’international

Intervention : des offres pour 2,4 millions de tonnes
Ouverte le 1er novembre, l’intervention publique est surtout sollicitée dans les pays de l’Est, en Slovaquie, en République tchèque et en Hongrie. Les quantités acceptées ou encore sous offre s’élèvent à 2,4 millions de tonnes dont 2,18 Mt d’orge et 220 000 tonnes de blé tendre. Alors qu’il n’existe aucune limite quantitative pour l’orge, les achats publics de blé sont limités à 3 millions de tonnes sur l’ensemble de la campagne. Au-delà de ce volume, les achats seront effectués par voie d’adjudication. De plus, si nécessaire, la Commission sera en mesure d’ouvrir ponctuellement l’intervention, en recourant à un système par adjudication, pour les autres céréales, en ayant la possibilité de cibler les achats sur une région ou un groupe d’Etats membres.

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