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Charles de Gaulle, qui affirmait que la politique de la France ne se décide pas à la corbeille, autrement dit à la bourse, doit être en train de se retourner dans son grand cercueil. Jamais on n’a assisté à un tel asservissement du pouvoir politique aux marchés financiers.
Il y a une semaine, l’urgence faisait trouver aux Européens un accord sur la dette grecque, faute de quoi les marchés financiers menaçaient d’une crise sans précédent. On trouve cet accord. Les bourses saluent le geste. Une semaine plus tard, le mot de référendum prononcé par le premier ministre grec refait plonger les marchés financiers. Nicolas Sarkozy et Angela Merkell s’énervent. En appellent à la banque centrale qui abaisse ses taux d’intérêt et les marchés redémarrent. Puis c’est le même premier ministre grec qui envisage, sous la pression européenne, de renoncer à son référendum.
Pendant ce temps, le fameux G20 qui se réunit à Cannes assiste plutôt désarmé, au film des soubresauts monétaro-politiques de l’Europe. Le contraste est saisissant : les dirigeants les plus puissants du monde semblent impuissants face à la météo financière. Le numéro un chinois nous arrive plein de sollicitude, vers nous qui lui donnions des leçons de démocratie naguère. Ah ! Quand il financera une part des gigantesques déficits publics européens on y regardera sans doute à deux fois avant de lui refaire les mêmes leçons. Et puis, c’est au tour de l’Italie de voir ses comptes épluchés et ses dérives budgétaires condamnées. Cannes n’est pas un sommet. C’est un audit. Cela ne fait pas de grande politique. Mais cela anime les marchés.
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