A-t-on fait les progrès qu’il fallait dans l’art de communiquer sur les crises ? La sensibilité de plus en plus forte du public – ou plutôt des medias – aux crises sanitaires nourrit l’anxiété quotidienne des dirigeants des entreprises agroalimentaires. Mais aussi des responsables publics chargés des contrôles et de l’adoption de mesures préventives ou correctrices.

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L’affaire des corned-beef de Cholet, que révèle la presse cette semaine, aurait pu, comme tant d’autres, ne jamais être ébruitée. Elle a été gérée avec discrétion, du moins au début, après des contrôles remontant à fin novembre qui ont conduit au rappel de produits finis avant même que ceux-ci ne soient consommés. Le principe de précaution a joué à plein, le système européen d’alerte a rempli son office de l’Irlande à la Grèce et l’on sait maintenant que les matières premières utilisées présentaient un défaut de conformité mais pas pour autant de danger pour la santé. Un des deux fournisseurs qui par ricochet a vu ses stocks consignés chez le client, pourrait même s’en sortir disculpé et mettre en cause alors les services de contrôle. La traçabilité, en oeuvre depuis maintenant deux ans dans toutes les filières, montre à cette occasion son intérêt puisque les lots suspects ont été retrouvés. Mais la confiance, elle, est mise à mal à plus d’un niveau : le débat se déplace sur le terrain de l’erreur ou de l’éventuelle tromperie commerciale, ce qui n’est pas sans désagrément mais les dégâts économiques, eux, peuvent être considérables. Il y a eu assez de précédents, en particulier dans la viande, pour que l’on sache, cette fois, gérer la suite et reconstruire.