Derrière l’épisode de la loi OGM bloquée temporairement à l’Assemblée nationale, il y a peut-être plus qu’un simple couac politique pour la majorité de Nicolas Sarkozy, ou qu’un excès d’absentéisme de la part des députés. Manifestement, bon nombre de parlementaires de droite n’ont pas voulu apparaître auprès de leurs électeurs comme ayant voté une loi honnie par les écologistes.

Naguère, ils auraient défendu sans état d’âme un texte confortant un modèle d’agriculture très productif, n’ayant pas peur d’avoir recours à des technologies modernes. Aujourd’hui ils hésitent. Ils ne votent pas contre, mais ne votent pas pour non plus. Et laissent le champ libre à leurs adversaires pour bloquer ce texte. On ne peut s’empêcher d’y voir un signe pour le long terme : ces élus politiques ressentent le besoin de privilégier leur électorat écologiste sur celui des agriculteurs. Est-ce parce qu’ils se situent plutôt en ville ? Ou parce qu’ils sont sous la pression des nouveaux ruraux ? Une étude fine de ceux qui n’ont pas voulu s’opposer au blocage de la loi OGM répondrait à cette question. Nicolas Sarkozy aurait d’ailleurs tort de leur en vouloir longtemps puisque c’est lui qui a légitimé, sur le plan politique, la sensibilité écologiste au travers du Grenelle de l’environnement.

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La situation sera prochainement réglée. Le gouvernement veut en effet aller vite en représentant aussitôt un texte de loi quasi identique. Gageons qu’il fera en sorte que la loi soit votée sans coup férir. Mais pour les syndicalistes agricoles, majoritaires surtout, la leçon mérite d’être étudiée. Et ils feraient bien d’être attentifs à ce qui se passera prochainement pour un autre projet aux intérêts contradictoires, celui qui porte sur la modernisation économique et les relations avec la distribution.