Pendant quatre jours, la Russie a suspendu ses importations de produits carnés en provenance d’une dizaine de pays européens. Du 1er au 4 juin, les autorités européennes ont craint que cet embargo ne s’éternise, avec des conséquences désastreuses pour les producteurs communautaires qui exportent quelque 1,3 milliard d’euros de viande vers la Russie.
Le président de la Commission européenne, les services agricoles et sanitaires de Bruxelles, le ministre de l’Agriculture français… les responsables européens ont pesé de tout leur poids, durant quatre jours, pour relancer les exportations de viande de l’Union européenne vers la Russie. Le 1er juin, Moscou, qui réclame la création d’un certificat vétérinaire unique pour les 25 pays de la communauté européenne, a suspendu ses importations de produits carnés en provenance d’une dizaine de pays de l’UE. Personne ne connaît alors précisément la liste des produits affectés par la mesure : produits laitiers, viandes, produits à base de viande ?
Aucune concession
Quatre jours plus tard, le 4 juin, les deux parties ont trouvé un accord pour la levée de l’embargo. De source européenne, la Commission de Bruxelles a reçu de la Russie, le 8 juin, une lettre de confirmation du retour à normale. Cette source estime que cet épisode n’a « rien changé ». L’exécutif de l’UE n’aurait fait aucune concession dans les négociations en cours sur les questions vétérinaires. Selon le porte-parole de la Commission, Romano Prodi et le Premier ministre russe, Mikhaïl Fradkov, ont convenu de terminer d’ici à la fin septembre des discussions techniques supplémentaires sur ce sujet.
Potentiellement 1,3 milliard d’exportations européennes pouvaient être remises en cause. Raison pour laquelle, dès l’annonce de la suspension de ce commerce, la Commission européenne a réagi très violemment, dénonçant une mesure « inutile et injustifiée ». Pour Bruxelles, « les certificats relèvent des Etats membres, mais il faudra voir s’il est possible d’harmoniser davantage les documents, de donner des garanties communautaires » sur la procédure d’émission des certificats nationaux. Mais quoi qu’il en soit, la mise en place d’un certificat unique n’est, aux yeux de la Commission, pas possible.
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Abats et matière grasse
De toute façon, les produits communautaires respectent des « mesures très strictes, des normes de haute qualité », se défend Bruxelles. « Nous consommons nous aussi les denrées que nous exportons vers la Russie. C’est une priorité pour l’UE de maintenir leur qualité », expliquait un porte-parole.
Pourtant, avant la levée des sanctions russes, les producteurs français se disaient très inquiets. « Aux pertes de revenus, il faudrait ajouter les coûts pour détruire ces produits », expliquait alors le président de l’interprofession porcine, Guillaume Roué. Car pour lui, les produits exportés en Russie sont très peu consommés dans l’Union européenne. Il s’agit surtout d’abats et de matière grasse animale !