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Edito Coup de gueule !

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Richard Girardot est en colère. Dans une interview accordée au Figaro, le président de Nestlé France ne mâche pas ses mots pour dénoncer les pratiques déloyales de la grande distribution dans notre pays, renforcées par les regroupements des centrales. Le patron de cette filiale du géant suisse met en avant une situation de concurrence totalement anormale. Il pointe du doigt des exigences de baisse de tarifs auprès des grandes marques, alors que dans le même temps les distributeurs répercutent les hausses des matières premières sur leur propres produits à marques, sans parler des déréférencements pour obtenir de nouveaux avantages contre lesquels il est impossible de lutter.

Et Richard Girardot de s'interroger sur l'attitude de l'Autorité de la concurrence, grande absente du le dossier des relations avec les distributeurs, alors qu'elle multiplie en revanche les sanctions pour ententes entre industriels. Le patron de Nestlé France recommande même à l'Autorité de la concurrence de s'interroger sur les vraies raisons qui poussent les fournisseurs à échanger en cachette des données confidentielles. « Ce n'est pas l'appât du gain qui les pousse au cartel, c'est qu'ils n'ont pas d'autres moyens pour survivre » affirme-t-il.

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Dommage qu'ils ne soient pas plus nombreux à dénoncer de telles situations. Mais il est vrai que le rapport de force est souvent totalement biaisé. A la différence d'une petite PME, un groupe de la taille de Nestlé France peut se le permettre. Des petits s'y sont risqués, qui ont été mis à mal par la suite. On se souviendra de Brossard, la marque détenue par la société Saveurs de France, que dirigeait Guy Schumacher. Après avoir refusé de s'aligner sur les prix exigés par Leclerc, la marque avait été déréférencée début 2008. Résultat : son chiffre d'affaires avait été amputé de plus de 15 % sur l'exercice, fragilisant d'autant l'entreprise.