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Conserve/Stratégie Coup de gueule de Raynal et Roquelaure

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Norbert Glemet, directeur général de Raynal et Roquelaure, a poussé un coup de gueule lors d’une conférence de presse le 21 février. L’entreprise se désole de devoir subir les dommages collatéraux du scandale de la viande de cheval (elle n’a pas détecté de viande équine dans ses produits) et rappelle, une fois de plus, que la qualité a un prix. Du côté des innovations, les barquettes de légumes cuisinés tombent donc à point. Tandis que l’élargissement de la gamme « Max de bœuf » pourrait souffrir des rebondissements de l’affaire Findus.

Après une première tentative avec une ratatouille sous marque Zapetti l’an passé (relancée avec une recette plus premium cette année), Raynal et Roquelaure lance quatre références de barquettes micro-ondables de légumes, légumes secs et céréales cuisinés, qui ciblent notamment les femmes urbaines. Un moyen de valoriser l’offre de légumes, et de mettre le pied dans une partie du linéaire beaucoup plus fréquentée que celle des plats cuisinés. Et une innovation qui tombe à pic compte tenu de l’actualité et du scandale de la viande de cheval.

La qualité a un prix

À ce sujet justement, Norbert Glemet, directeur général de Raynal et Roquelaure, a poussé un vrai coup de gueule lors de la conférence de presse du 21 février. L’entreprise, qui s’attend à une possible révision des codes des usages dans les produits à base de viande craint un double effet : d’abord un impact sur les ventes et ensuite un manque de viande française qui entraînera les prix à la hausse, alors que les distributeurs, eux, attendent des prix toujours plus bas. Depuis plusieurs années déjà, Norbert Glemet plaide pour des tarifs qui reflètent la qualité des produits. « On vend une boîte de raviolis moins cher qu’une boîte de petfood, s’indigne-t-il. La qualité a un prix, et tant les distributeurs que les consommateurs doivent accepter de le payer. Il faut arrêter l’hypocrisie du toujours moins cher ». Concernant l’affaire Findus, il espère que les coupables seront punis clairement, une manière de reconnaître la qualité du travail des autres acteurs du secteur. « La filière n’a jamais été aussi performante en termes de traçabilité, mais il y a une chose contre laquelle il est difficile de se protéger, c’est la fraude.»

Rajeunir la clientèle

Le scandale de la viande de cheval et la désaffection des produits à base de viande qui pourrait s’en suivre ne dissuade pas Raynal et Roquelaure d’élargir sa gamme « Max de Bœuf », qui a apporté 170 t de volumes additionnels depuis son lancement l’an passé. Arrivent ainsi sur le marché un format individuel, des torsades, des cannellonis ainsi qu’un sauce « Max de bœuf ». Toujours pour séduire une cible plus jeune, Raynal et Roquelaure lance également un cassoulet « bacon », dans l’espoir de rajeunir la clientèle sur ce produit.

Une situation économique très tendue

En 2012, Raynal et Roqulaure a vendu 73 500 t de produits, pour un chiffre d’affaires de 136 M EUR en léger recul. « On progresse sur les marques nationales mais on recule sur les MDD et les sauces », indique Norbert Glemet. Le résultat est maintenu grâce à « des efforts drastiques sur les charges ». Raynal et Roquelaure estime que ses marques lui permettent de s’en sortir, car les MDD pèsent 44% des volumes, mais très peu des marges. S’en sortir au prix toutefois d’une restructuration industrielle en cours (suppression de 19 emplois sur le site de Sainte-Livrade et transfert de 22 postes vers le site de Capdenac-Gare). Pour rappel, Cofigéo, maison mère de Raynal et Roquelaure, a été repris par Jérôme Foucault, Mathieu Thomazeau et des cadres dirigeants, adossés au fonds Boussard et Gavaudan en 2011.

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