Le projet de loi de finances 2016, présenté le 30 septembre, prévoit une baisse des crédits nationaux pour les missions Ecologie et Aide au développement. La société civile s'interroge, alors que le président de la République annonçait à New-York, le 28 septembre, une hausse du budget climat à 5 milliards d'euros pour 2020.
Le projet de loi de finances 2016 (PLF 2016) prévoit une baisse des crédits pour les missions écologie et aide publique au développement, selon le ministère des Finances, le 30 septembre. Ainsi, les crédits de l'Ecologie passent de 6,59 à 6,49 milliards d'euros. Ceux de l'Aide publique au développement passent de 2,77 à 2,60 milliards d'euros. Le bilan s'alourdit encore avec la prévision d'une suppression de 261 emplois sur la mission écologie qui est le poste le plus touché après les Finances (-2548 emplois). Ce PLF semble aller dans le sens inverse des annonces de la France dans les instances internationales pour lutter contre le dérèglement climatique. Le président de la République François Hollande a annoncé devant l'ONU à New-York, le 28 septembre, que la France doit « montrer l'exemple » avant la COP21, conférence climat qui doit se tenir à Paris du 30 novembre au 11 décembre. Ainsi, les promesses de financements annuels pour le climat ont donc été revues à la hausse : de trois à plus de cinq milliards d'euros en 2020. Le chef de l'Etat a aussi assuré que l'aide publique au développement de la France augmenterait de quatre milliards d'euros à partir de 2020.
La fiscalité écologique est quasi-absente du projet de loi de finances 2016. Christian Eckert, secrétaire d'Etat au Budget, a indiqué, le 30 septembre, qu'un projet de loi de finances rectificative devrait « proposer des évolutions » en fin d'année. D'ici là, quelques points sur la fiscalité écologique ont tout de même été fixés. Le projet de budget prévoit des allègements fiscaux supplémentaires (allègement de la taxe foncière sur les propriétés bâties) pour la méthanisation, pour un coût global de 4 millions d'euros. Pour les associations, c'est insuffisant. Le Réseau action climat, lui, s'inquiète de l'image de la France, pays hôte de la COP21 : « La France fait encore figure de mauvais élève au niveau européen en matière de fiscalité écologique ». Oxfam estime par ailleurs que la taxe sur les transactions financières européenne serait « une opportunité en or » pour le financement climat. Mais dans le PLF, il n'en est pas question. Par ailleurs, le syndicat Solidaires Finances s'est inquiété de la suppression de près de 2000 postes au sein de l'administration fiscale.
ONG en colère
Dans ce contexte, la société civile doute de la solidité des annonces françaises. « New-York n'aurait-il été qu'un écran de fumée ? », interroge Christian Reboul, responsable aide au développement pour l'ONG Oxfam. Celle-ci relève la baisse des crédits pour l'aide publique au développement, en recul pour la cinquième année consécutive. La Fondation Nicolas Hulot a, elle, estimé que « la COP21 était oubliée le temps de la discussion budgétaire » par un « gouvernement amnésique ».
Un pour tous, tous pour un
Face à une polémique qui enfle, le gouvernement ne se dégonfle pas. Ministres et chef du gouvernement sont sur la même ligne. Le gouvernement met en garde contre une lecture hâtive des lignes budgétaires. « La politique de l'environnement est transversale (…). Réduire la question de l'environnement uniquement la question du niveau du budget du ministère de l'Environnement est une erreur », commente Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement. A Bercy, on précise que l'aide publique au développement dépend aussi de l'Union européenne et d'autres opérations comme des prêts ou des annulations de dettes. Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, ne conteste pas non plus la baisse des crédits de son ministère : « En prenant en compte également le 1,2 milliard d'euros du fonds de transition énergétique pour la croissance verte » et divers crédits d'impôts, le budget du ministère de l'Ecologie « augmente sensiblement, et en plus de façon intelligente ».
Personne au gouvernement ne bronche. Son chef, Manuel Valls, a tout de même annoncé qu'un amendement du gouvernement serait introduit à l'Assemblée nationale, pour prendre en compte les annonces du président de la République à New-York sur la question climatique. (CR)
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Le nouveau directeur général du groupe français de négoce de matières premières Louis Dreyfus Commodities (LDC) prendra ses fonctions le 1er octobre. Gonzalo Ramírez Martiarena était auparavant chargé de la région Asie, après avoir supervisé l'Amérique latine au sein de LDC, groupe qu'il avait rejoint en 2005, indique la société dans un communiqué. L'Argentin de 48 ans prendra la suite de Claude Ehlinger, qui assurait l'intérim depuis la démission en avril 2014 de Ciro Echesortu, moins d'un an après sa nomination. Margarita Louis-Dreyfus assurera à compter du 1er octobre la présidence non-exécutive du conseil de surveillance de LDC. L'héritière du groupe est déjà présidente du conseil de surveillance de la maison mère, Louis Dreyfus Holding.
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Marie-Ange Mathieu entre au directoire de Soufflet
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Soufflet (4,4 Mt collectées en France, plus de 1 Mt à l'international) emploie plus de 7 500 collaborateurs dans 18 pays et a réalisé en 2014 un chiffre d'affaires de plus de 4,91 milliards d'euros.