Proposer un produit à prix moyen, mais de meilleure qualité, avec des ambitions sociales, notamment pour la relation producteur-transformateur-distributeur. C'est l'objectif d'un accord signé le 18 février entre terrena et le distributeur Système U pour commercialiser un porc sous la double marque du distributeur et de la coopérative du grand Ouest, la «Nouvelle agriculture ».
Produire et vendre autrement : telle est la double ambition du groupe coopératif Terrena et de Système U, qui ont officialisé le 18 février un accord de partenariat pour la production et la commercialisation de porc frais en barquette, sous une double marque : U et Nouvelle agriculture. Les partenaires se félicitent ainsi de proposer un produit « bon pour le producteur, pour le consommateur et pour l'économie locale », et de garantir au consommateur un « juste prix » selon les mots d'Hubert Garaud, président de Terrena, pour un produit qu'ils assurent être de meilleure qualité que le standard.
Un prix « moyen » pour des produits supérieurs aux standards
Côté consommateur, ce « juste prix » se situe dans la moyenne des niveaux de prix, autour de 7,50 à 8 euros le kilo, tous produits confondus, estime Terrena. Pour le moment, la côte de porc en barquette est par exemple commercialisée à 8,35 euros/kg. Pour le consommateur toujours, Terrena et Système U disent commercialiser un porc meilleur sur le plan nutritionnel et qualitatif, et assurent que les analyses organoleptiques le confirment. « Nous avons des objectifs de résultats », martèle Terrena, qui a lancé sa marque Nouvelle agriculture il y a tout juste un an, sur de la viande de lapin en barquette.
Pour le porc, le cahier des charges de production a été élaboré ensemble, assurent Système U et Terrena. Les producteurs s'engagent à nourrir leurs porcs sans OGM, sans soja en engraissement et avec des céréales d'origine française (Pays de la Loire et départements limitrophes) et selon le référentiel Bleu blanc cœur, dont le logo est lui aussi apposé sur les paquets. Il s'agit d'une alimentation enrichie en graines de lin connues pour leur richesse en oméga 3. Les producteurs de porcs s'engagent en outre à entamer un plan de réduction des antibiotiques.
« Les produits s'adressent aux consommateurs attentifs aux conditions de production et aux modes d'élevage mais qui souhaitent de la viande de qualité à des prix accessibles », résument les partenaires. Pas forcément à tous, donc.
En effet, s'il est à un prix moyen, le porc étiqueté des deux marques sera stable toute l'année et ne subira pas les promotions très régulières qui font varier le prix de la viande de porc de « 2,50 euros à 9 euros » a déploré Serge Papin, président de Système U. « Le produit qu'on va proposer est un produit régulé », confirme Serge Papin. Mais « ça ne s'opposera pas aux promotions qui pourront être faites » dans ce même rayon a-t-il reconnu, car son groupe « est en compétition avec les autres distributeurs ».
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Contractualisation
Pour les 10 références qui seront en rayon dès le 4 mars, le modèle se veut en réalité différent. En effet, à travers ce partenariat, les deux signataires mettent en avant la contractualisation entre le distributeur et les producteurs concernés, notamment via des contrats de trois ans renouvelables et qui garantissent à ces derniers une plus-value de 8 à 12 cts sur le prix payé au producteur. A rapprocher toutefois des 3 à 5 centimes par kilo de charges supplémentaires qui pèsent sur le producteur qui passe au cahier des charges Nouvelle agriculture.
Le partenariat se veut bénéfique également pour les intermédiaires : les porcs seront transformés par Terrena, ce qui devrait sécuriser dans un premier temps l'avenir de l'abattoir de Laval, a souligné Serge Papin, dans lequel 1 million d'euros a été investi pour la modernisation. Pour le moment, seuls 28 producteurs sont concernés par la démarche Nouvelle agriculture et fourniront 50 000 porcs par an. Si Terrena commence piano, c'est parce qu'on ne peut démarrer la conversion « que s'il y a un débouché derrière », explique Hubert Garaud. L'ambition en revanche est importante : le président de Terrena espère 200 000 porcs produits sous le logo Nouvelle agriculture d'ici à trois ans, sur les 400 000 porcs que produit chaque année Terrena.
87 % des Français ont déjà acheté directement à un producteur agricole, alors que près de 4 Français sur 10 (38 %) s'avèrent être de vrais fidèles avec un ou plusieurs achats en direct chaque mois. C'est ce qu'indique une enquête diligentée par le Crédit agricole sur les pratiques des Français. Les fruits et légumes occupent le haut du panier de la vente directe pour 65 % des Français, les œufs arrivent en seconde position (37 %), le lait et les fromages concluent le podium (32 %). Par ailleurs, les consommateurs accordent une part grandissante de confiance aux éleveurs, en achetant également leurs viandes en direct (volailles : 30 % ; viandes rouges : 20 %). L'achat en direct se fait le plus souvent en face-à-face, soit sur les marchés (pour 46 % des Français), soit directement à la ferme (pour 44 %). En revanche, l'achat à distance est encore très marginal : seuls 15% des Français l'ont déjà pratiqué, que ce soit via une AMAP (7 %), leur Comité d'Entreprise (3 %) ou Internet (2 % seulement).
Enquête Ipsos réalisée on line (l'Access Panel d'Ipsos Interactive Services) entre le 24 et le 29 janvier 2014, auprès de 1007 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L'échantillon est construit selon la méthode des quotas