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FNSEA « Créer les conditions nationales » pour accompagner la dérégulation

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Partant du constat qu’en moins de 15 ans, une transformation radicale de la Pac s’est opérée, Jean Michel Lemétayer, le président de la FNSEA estime que l’enjeu de la loi de modernisation de l’agriculture (LMA) est « d’adapter ou de créer les conditions nationales » pour accompagner la dérégulation erupéenne. « Le tout marché prôné par Mariann Fischer Boel avec comme seul filet de sécurité les aides directes » n’est pas tenable. C’est pour cela qu’il « faut trouver un certain nombre de réponses dans la voie législative ».

«Avant même d’aborder le détail des articles de la loi de modernisation agricole, l’exposé des motifs de cette loi est très important », a expliqué Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, le 8 octobre lors de son audition devant la commission économique de l’Assemblée nationale. Dans un document distribué aux parlementaires, la FNSEA met en avant « une double volonté » qui doit orienter cette loi. Il s’agit de « maintenir des exploitations à taille familiale sur l’ensemble des territoires » et de « posséder des secteurs de transformations et de commercialisations efficients ».

Rectifier le tir
Le leader de la FNSEA a insisté sur l’opportunité de cette loi dans un contexte où la Pac en moins de 15 ans est passée d’une politique de gestion des marchés à l’aide directe à l’hectare. Le producteur est donc laissé seul sans protection face au marché. C’est dans ce contexte que la loi doit donc permettre de rectifier le tir. En effet, la FNSEA ne croit pas à un retour arrière de la Pac même si « certains gouvernements sont intervenus auprès de la Commission européenne pour tenter de rétablir des outils de gestion de marché ». Il faut donc trouver des réponses « dans la voie législative » dans un contexte économique « difficile » avant une prochaine étape de la Pac programmée en 2013 et une discussion budgétaire en 2010. Le problème est qu’une réponse seulement structurelle ne suffira pas à répondre à la crise agricole.

« Le terrain n’entend plus »
Et Jean-Michel Lemétayer se fait le porte-parole du terrain qui « n’entend plus ». « Vous pouvez faire tous les textes que vous voulez dans cette loi, il faut du conjoncturel », a rappelé le responsable syndical aux députés. « Vous verrez le jour de mobilisation du 16 octobre », prévient-il, convaincu d’une forte mobilisation toutes productions agricoles confonfues. « Il faut entendre le terrain ! », lance-t-il aux députés.
Et de citer l’exemple de la contractualisation auquel « le terrain ne croit pas ». Pourquoi ? « Parce qu’ils ont cru qu’on les laissait seul face à l’aval ». « Je ne veux pas faire des producteurs agricoles des salariés à la maison », martèle le leader de la FNSEA qui, malgré les réticences du terrain sur cette question se pose toujours en défenseur de la contractualisation. « Il faut sécuriser la relation entre les producteurs et l’industrie en aval », explique-t-il. L’idée qu’il défend est même « d’aller plus loin » … Jusqu’à la distribution. « Le souci est de sortir de l’ambiance dans laquelle nous sommes et fonder une relation de vrais partenaires ». Cette vision positive des relations entre les agriculteurs et les distributeurs bute déjà sur le non-respect des lois existantes. « Dans le secteur des fruits et légumes, les rabais et ristournes continuent d’être pratiqués », condamne le président de la FNSEA. Une minimum de cohérence réclame qu’une « loi soit appliquée ». Le président de la Commission économique, Patrick Ollier promet que « des députés en petit commando, vont aller sur le terrain de la grande distribution pour vérifier leur pratique ». « Cela va faire du bruit ! », assure-t-il.

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