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Crise chez Tereos : « il en va de la survie » du groupe

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Le conseil de surveillance de Tereos s’est inquiété le 6 février d’« une crise très importante » pour le groupe sucrier, justifiant l’envoi d’un courrier à l’ensemble des associés coopérateurs.

« Si une minorité ne met pas fin à son acharnement à déstabiliser notre coopérative, nous ne serons plus en mesure de garantir sa survie », d’après la lettre du président François Leroux datée du 2 février. Tereos déplore que ses 21 nouveaux conseillers de région, élus en décembre, ont refusé de participer à une réunion de formation et de présentation du groupe. Que 79 des 82 conseillers des régions Nord, Nord-Littoral et Picardie Ouest ont boudé, la semaine dernière, les commissions thématiques. Et Tereos de mettre en avant la stratégie d’entreprise : « Assurer la meilleure rémunération possible en cash à nos productions agricoles et d’en stabiliser le niveau par le bénéfice de la diversification. » « Nous avons tenu 40 réunions publiques l’an dernier » pour en débattre auprès d’« environ 10 000 planteurs » sur un total de 12 000, a souligné le 6 février François Leroux, lors d’une conférence de presse.

Pas de fermeture d’usine

En plein conflit sur la gouvernance – des frondeurs ont mené une pétition pour une nouvelle AG –, Tereos traverse comme les autres acteurs une crise dans le sucre. François Leroux évoque dans sa lettre « un vaste plan de restructuration » chez l’allemand Südzucker, qui vient d’annoncer une baisse de production sucrière allant jusqu’à environ 700 000 t. « Tereos ne prévoit pas de fermer la moindre usine », indique-t-il aux journalistes. Le groupe a toutefois proposé de réduire les surfaces de 5 % en 2019, ce que ses planteurs ne semblent « pas trop suivre ».

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Disposant d’un tout nouveau centre opérationnel à Moussy-le-Vieux (Seine-et-Marne), la coopérative répond aux critiques sur ce choix par rapport au risque de perte de compétences. « Certains affirmaient qu’avec un tel déménagement, garder 50 % du personnel serait déjà énorme, raconte François Leroux. On est à plus de 60 % » et quelque 200 personnes ont été embauchées sur le site. Interrogé sur le maintien du directoire face à des frondeurs qui remettent en cause la stratégie du groupe, il oppose : « qui paye mieux la betterave que Tereos sur les 5/10 dernières années ? ». Et de pointer le « patrimoine important » que l’équipe actuelle a bâti au sein de la coopérative depuis 10/15 ans.

Une campagne 2018-19 contrastée

Après une année 2017 exceptionnelle, première campagne post-quotas européens, Tereos a connu en 2018 une « baisse de 5 % du rendement betteravier par rapport à la moyenne quinquennale, due principalement aux conditions climatiques de l’été », indique le groupe dans un communiqué. Les neuf sucreries de Tereos France ont ainsi transformé près de 18 Mt de betteraves sur une moyenne de 124 jours, avec de fortes disparités selon les régions, soit des campagnes assez longues et susceptibles de limiter les frais fixes en faisant tourner les usines à pleine capacité. L’année précédente, le groupe avait arraché plus de 20 Mt de betteraves, pour une récolte record. Mais les bonnes conditions en 2018-19 « ont favorisé les arrachages les plus tardifs, permettant de préserver un maximum le sucre produit au champ, et ont permis d’atteindre un niveau de richesse record par rapport à la moyenne sur cinq ans », ajoute Tereos.