Les États membres, en particulier la France et l’Allemagne, présentent leurs propositions pour que l’UE parvienne enfin à rééquilibrer son marché laitier. En attendant, Berlin va lancer un programme d’aides d’État conditionnées à un engagement de la part des producteurs à réduire leurs livraisons.
Les ministres de l’agriculture du « Triangle de Weimar », qui regroupe l’Allemagne, la France et la Pologne, se sont retrouvés le 9 juin à Varsovie pour élaborer, dans la perspective du prochain Conseil agricole de l’UE, les 27 et 28 juin à Luxembourg, une déclaration commune sur la crise agricole et les moyens de stabiliser les marchés (1). Dans leur position commune, ils demandent à la Commission européenne de débloquer dès le mois de juin un nouveau paquet d’aides « pour soutenir des mesures volontaires au niveau individuel ou collectif de réduction/stabilisation de la production (de lait) dans l’UE ». « Il est important d’adopter des solutions européennes, dans le cadre de la Pac, et de s’assurer que les actions prises aux niveau national sont en ligne avec les solutions européennes et ne conduisent pas à une renationalisation des politiques agricoles », souligne le document. Les trois ministres appellent également Bruxelles à suivre de près les évolutions des secteurs de la viande porcine et des fruits et légumes. L’Italie et la Belgique devraient se joindre à cette initiative. Et la Commission devrait, sur la base des discussions du Conseil, et dans la mesure où le marché ne s’est pas redressé d’ici là, présenter de nouvelles mesures face à la crise lors du Conseil agricole de juillet.
Le ministre de l’agriculture allemand Christian Schmidt a indiqué, lors d’une réunion à Berlin des ministres régionaux de l’agriculture le 7 juin, que des aides d’État (100 millions € de prévus) ne seront débloquées que pour les agriculteurs qui s’engageront à limiter leur production de lait. Le ministre fédéral a souligné qu’il ne s’agissait pas d’imposer « un quota de production » nationale mais d'une incitation financière à un meilleur contrôle des volumes de lait sur le marché. Et de résumer : « Notre objectif commun est moins de lait pour un meilleur prix ». Le Bundesrat, Conseil des seize landers, se prononcera le 17 juin sur une loi mettant en application l’article 222 de l’OCM qui permet aux laiteries et aux organisations de producteurs de limiter la production.
Les ministres régionaux et le ministre fédéral allemands de l’agriculture viendront à Bruxelles le 15 juillet où ils discuteront avec le commissaire européen Phil Hogan. Le ministre français Stéphane Le Foll devrait se joindre à la réunion.
Une option, l' « appel d’offres européen »
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Le think tank agricole bruxellois Farm Europe propose, de son côté, deux solutions européennes concrètes pour remettre rapidement de l’équilibre dans le marché du lait : imposer que l’ensemble des aides publiques (européennes et d’État) soit exclusivement ciblées sur les producteurs laitiers s’engageant à réduire leur production (par rapport au niveau 2015) ou en organisant un « appel d’offres » européen de réduction volontaire de la production laitière, accessible à l’ensemble des producteurs qui s’engageraient, pendant un laps de temps limité de six mois, à réduire leurs livraisons aux laiteries par rapport à 2015 pour un volume déterminé, en bénéficiant en retour d’une compensation suffisamment attractive.
En avril, les prix du lait dans l’UE ont reculé de 4 % sur un mois à 27,3 cts/kg.
(1) Voir n° 3549 du 06/06/2016