Ne disposant pas de fonds pour venir en aide aux producteurs laitiers, la Commission européenne prévient les Vingt-huit qu’ils ne doivent pas s’attendre à ce qu’elle présente un nouveau paquet d’aide ambitieux lors du Conseil agricole de fin juin. Un certain nombre d’États membres continuent pourtant de presser Bruxelles.
La Commission européenne continue de traîner des pieds pour débloquer un nouveau paquet d’aides européennes pour les secteurs agricoles affectés par la crise, en particulier le lait. Lors de la réunion des experts nationaux du comité spécial agricole, le 13 juin, Bruxelles a simplement fait le point sur la situation des marchés, se montrant réticente à présenter une nouvelle enveloppe financière.
La France, l’Allemagne et la Pologne ont rappelé leurs demandes communes en vue du Conseil agriculture du 27 juin, dont le déblocage d’aides de l’UE pour inciter les agriculteurs à réduire leur production de lait afin de faire remonter les cours (1). L’Italie, la Belgique, le Luxembourg, la Finlande, l’Espagne et la République tchèque notamment ont soutenu cette démarche.
Mais, a prévenu la Commission, les nouvelles mesures devront être financées sur le budget 2017 (qui commence en octobre 2016). Un budget dont le projet ne sera pas présenté avant fin juin. De plus, la Commission a rappelé que seulement 56 % (soit 256 millions € dans 15 pays de l’UE) du paquet d’aides ciblées de septembre 2015 avaient été utilisés à ce stade, ce qui ne plaide pas en faveur du déblocage de nouveaux fonds. Les États membres ont jusqu’au 30 juin pour dépenser cet argent mais les fonds non dépensés pourraient être réalloués. De même, la Commission a souligné, au grand étonnement de certaines délégations, qu’il était trop tard pour mobiliser la réserve de crise 2016.
En attendant un nouveau relèvement du plafond d’intervention publique pour la poudre de lait (à 315 000 t contre 218 000 t actuellement) qui devrait être prochainement adopté, le comité de gestion sur l’OCM a voté à l’unanimité, le 9 juin, l’achat public par appel d’offres de 36 361 tonnes de lait écrémé en poudre au prix d’intervention fixe de 169,80 €/100 kg. Les offres ont été déposées dans quatorze États membres (Belgique, République tchèque, Allemagne, Espagne, Finlande, France, Irlande, Lituanie, Lettonie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Slovaquie et Royaume-Uni).
(1) Voir n° 3550 du 13/06/2016
(2) Voir n° 3539 du 28/03/2016
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Le sommet européen de fin juin appelé à la rescousse
Appuyée par douze autres États membres, la République tchèque a demandé que le prochain sommet européen, les 28 et 29 juin, aborde le thème de la crise agricole dans ses conclusions, et invite la Commission de Bruxelles à agir pour faire face aux difficultés sur les marchés du lait et du porc. Cette demande a été formulée lors de la réunion du 15 juin des représentants permanents des Vingt-huit. Les chefs d’État et de gouvernement s’étaient déjà engagés, en mars, à « suivre attentivement l’évolution de ce secteur, tellement important pour l’Europe » (2).
« Rappelant ses conclusions de mars, le Conseil européen prend note de l’évolution sur les marchés du lait et du porc sur lesquels les agriculteurs européens font face à une crise sérieuse, notamment du fait d’une diminution considérable des prix au producteur », souligne le projet de conclusions de la réunion de fin juin des chefs d’État et de gouvernement. « Cette crise menace le fondement même de l’agriculture européenne et pourrait avoir des impacts sociaux profonds si des solutions efficaces au niveau de l’UE ne sont pas trouvées à temps ».
« Le Conseil européen exhorte la Commission européenne à adopter instamment des mesures supplémentaires pour améliorer la situation des agriculteurs, y compris l’allocation des ressources financières nécessaires », insiste le projet de conclusions.
Viande porcine : toujours pas le moment d’ouvrir le stockage privé
La production de viande porcine est stable, les prix ont commencé à remonter au début du mois de mai et les exportations se portent bien (+21 % en valeur au premier trimestre de 2016), a constaté la Commission européenne le 13 juin à l’occasion de la réunion du Comité spécial agricole. Ce n’est donc pas le moment, selon elle, de rouvrir le système d’aide au stockage privé de viande porcine. Par ailleurs, Bruxelles a précisé que la première réunion de l’observatoire européen des marchés des viandes (bovine et porcine) aurait lieu le 15 juillet.