Un décret, publié le 19 novembre, marque le coup d’envoi du plan d’arrachage dans le vignoble bordelais. Axé sur la renaturation ou la diversification, son financement s’annonce déséquilibré.
Le top départ est enfin donné. Après des mois d’attente, le plan subventionné d’arrachage sanitaire de vignes dans le Bordelais, auquel un millier de viticulteurs en difficulté sont candidats en Gironde, entre en action. Ce dispositif, encadré par un décret le 19 novembre au Journal officiel, propose une prime de 6 000 €/ha arraché pour lutter contre la flavescence dorée, maladie qui menace les vignes laissées à l’abandon. Il doit aussi permettre de réduire la production face à une chute de la demande. Le plus grand vignoble AOC de France (110 000 ha) souffre de l’effondrement des prix, de la fermeture de marchés à l’export et d’une surproduction évaluée à 1 Mhl. Quelque 1 085 pré-candidatures avaient été déposées cet été en vue d’arracher 9 251 ha, selon le CIVB (interprofession). Soit environ 20 % des viticulteurs de Gironde, 300 professionnels ayant même déclaré vouloir cesser toute activité viticole ou agricole. Le plan est cofinancé par l’État à hauteur de 30 M€ – jusqu’à 38 M€ si nécessaire – et par le CIVB (19 M). Les candidats doivent confirmer leurs demandes d’aide dans un délai d’un mois. Ceux éligibles in fine pourront commencer les travaux d’arrachage d’ici le 31 mai, selon les autorités.
Un budget déséquilibré
Mais selon qu’ils souhaitent ou non poursuivre une activité viticole ou agricole, les modalités d’accès à la prime ne sont pas les mêmes. En cas d’arrêt total, pour bénéficier de l’aide à la renaturation financée par l’État, le vigneron s’engage à arracher de façon irréversible les parcelles éligibles – travaillées « de façon constante au cours des cinq années » et non abandonnées – sans les replanter ailleurs, avec obligation de les reboiser ou convertir en zone naturelle dans un délai de deux ans et pour une période minimale de vingt ans. L’aide financée par le CIVB accompagne, elle, une diversification des cultures pour ceux qui veulent continuer. La première option, plus contraignante, n’ayant réuni qu’un tiers des pré-candidatures, le budget du plan s’annonce déséquilibré.
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« Si les demandes excèdent l’enveloppe financière définie pour ce plan, celles-ci pourront faire l’objet d’un coefficient stabilisateur, limitant alors les surfaces éligibles », a indiqué la préfecture de Gironde le 19 novembre dans un communiqué. Et de préciser qu’« à ce jour, les demandes de diversification […] excèdent les 19 M€ disponibles. Seules les demandes déposées lors de la pré-candidature sont aujourd’hui éligibles à ce volet, dans la limite des surfaces totales indiquées par dossier. » En parallèle, la région Nouvelle-Aquitaine financera à hauteur de 10 M€ la reconversion agricole des terres après arrachage.