Les ministres n'ont pas vraiment eu le choix. Il leur fallait apporter un soutien politique au projet du commissaire européen à l'agriculture Phil Hogan afin de sécuriser au plus vite les 500 millions € débloqués pour soutenir les éleveurs en crise. En cette période de rigueur budgétaire, les États membres ne peuvent pas se permettre de faire la fine bouche. Bien sûr, certains ont fait part de leur mécontentement – sur la répartition des enveloppes nationales, sur les mesures de marchés mises en œuvre ou encore sur le manque de flexibilité pour assurer les contrôles de la nouvelle Pac – mais aucun n'est vraiment allé jusqu'à s'exprimer contre le paquet de mesures proposé par Bruxelles. Dans le cadre de la réforme de la Pac, l'accent a été mis sur la gestion des crises plutôt que sur la gestion des marchés agricoles. Tenant compte des leçons du passé, des outils ont donc été prévus pour agir le plus rapidement possible en cas de besoin. Pour cela, de nombreux pouvoirs ont été délégués à la Commission européenne afin d'éviter que chaque proposition doive faire l'objet d'un accord entre le Conseil et le Parlement européen. Mais, contrepartie de ce nouveau système, la Commission a désormais les mains beaucoup plus libres pour mettre en place les mesures qu'elle privilégie. Et s'ils disposent encore de quelques marges de discussion pour faire valoir leurs arguments en amont de la prise de décision, une fois celle-ci finalisée, les États membres se retrouvent devant le fait accompli.
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