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ONG Crispation avant le débat sur la transition énergétique

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La publication des membres du comité de pilotage chargé de mener le débat national sur la transition écologique n’a pas plu à Greenpeace, qui a décidé de se retirer. Les autres ONG posent des conditions.

La crispation monte, alors que la première réunion de la commission nationale sur la transition énergétique doit se tenir le 20 octobre. Révélée le 10 novembre par le journal Le Monde, la composition du comité de pilotage chargée d’assurer le déroulement du débat national sur la transition énergétique annoncée par François Hollande a froissé les ONG. Elles sont plusieurs à avoir réagi, le 12 novembre, en regrettant que deux des cinq membres soient des ex-dirigeants de la filière nucléaire : Anne Lauvergeon, ex-patronne d’Areva et Pascal Colombani, ex- administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique. Le comité de pilotage comprendra aussi Bruno Rebelle, ex-directeur de Greenpeace, le climatologue Jean Jouzel, et Laurence Tubiana, directrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Ces ONG, dont le WWF, Réseau action climat, Rassemblement pour la planète, FNE, la fondation Hulot, les Amis de la Terre, etc. regrettent que le comité de pilotage soit présidé par la ministre de l’Ecologie, qui seraient ainsi « juge et partie d’un débat public qui est censé lui remettre des recommandations ». Elles se disent « de plus en plus réservées sur un débat qui démarre sur de telles bases ».

Greenpeace quitte la négociation

Mais la réaction la plus radicale vient de Greenpeace : à l’issue d’un rendez-vous avec Delphine Batho le 12 novembre, l’ONG a annoncé qu’elle renonce à prendre part au débat. « Nous n’avons plus confiance dans ce débat et dans la volonté réelle du gouvernement de réussir la transition énergétique », a dit son directeur Jean-François Julliard. Les autres associations environnementalistes qui doivent être associées au débat hésitent à l’imiter… et posent des conditions. FNE exige ainsi l’ouverture du comité de pilotage à des spécialistes des économies d’énergies et des énergies renouvelables. Les Amis de la Terre se montrent dubitatifs, jugeant : « Le débat semble très mal engagé ». Enfin, « pour le moment on reste, on l’a souhaité ce débat, il est fondamental », a expliqué à l’AFP Mathieu Orphelin, de la Fondation Nicolas Hulot, « mais le gouvernement doit rapidement prendre des décisions pour qu’on y croit. »
La Commission nationale sur la transition énergétique doit rassembler 80 personnes issues des six collèges (État, ONG, entreprises, syndicats, élus locaux et parlementaires) à l’image de la Conférence environnementale de septembre. Le débat sera ensuite mené dans les régions. La synthèse des travaux est attendue en mai.

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