Le groupe coopératif Cristal Union (sucre et éthanol), basé principalement en Champagne, compte affranchir ses distilleries de l’énergie fossile d’ici moins de cinq ans. Avec deux centrales à énergie prochainement construites, ses deux plus importantes distilleries tourneront avec la combustion de co-produits, comme les sucreries-distilleries brésiliennes qui tournent uniquement grâce à la bagasse de canne.
«Nous espérons devenir complètement autonomes par rapport à l’énergie fossile (gaz et charbon) d’ici moins de cinq ans », a indiqué Maurice Lombard, directeur industriel de Cristal Union, lors d’une visite de presse organisée par le groupe le 20 mai.
En plein débat des 27 gouvernements à Bruxelles sur les critères de durabilité des biocarburants, le numéro deux français du sucre et de l’alcool annonce qu’il construira prochainement deux centrales à énergie, avec production d’électricité et valorisation des calories dans le processus industriel. Comme au Brésil, où depuis plus de dix ans, les sucreries-distilleries brûlent la bagasse de la canne à sucre pour cuire la canne et en faire sortir le jus, et pour produire l’électricité nécessaire à l’usine.
Une centrale à méthanisation, une autre à gazéification
Il équipera ses deux principaux sites : sur celui d’Arcis-sur-Aube, qui est une distillerie de betteraves, sera installée une unité de méthanisation des vinasses, eaux résiduaires, flegmasses (sous-produits de la rectification et la déshydratation de l’éthanol) et jus d’herbes. Sur celui de Bazancourt, près de Reims, qui consistera bientôt en une distillerie mixte betteraves-blé, sera implantée une unité de gazéification de sons et de déchets de silos.
Les deux unités devraient produire du bio-gaz, puis avec ce gaz de l’électricité via des turbines, l’équivalent de ce que consomme une ville de 10 000 habitants, selon Maurice Lombard.
Parmi les deux projets, celui de la méthanisation est le plus avancé. Déjà, une unité pilote de méthanisation sera construite à Arcis-sur-Aube dans les mois qui viennent, pour être opérationnelle durant la campagne betteravière 2008/09. L’unité en vraie grandeur devrait être construite courant 2009 pour être opérationnelle fin 2009/début 2010.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
L’éthanol n’en est qu’à ses débuts
Les progrès de la recherche laissent à penser que l’éthanol n’en est qu’à ses débuts.
D’abord en raison des progrès industriels. Cristal Union a développé un savoir-faire spécifique dans la conception de ses usines, un savoir-faire qu’il compte exporter, entre autres en Russie, selon Alain Commissaire, directeur général. Le groupe a recouru à la R&D, au travers du centre de recherches ARD (Agro-industrie Recherches et Développements, basé à Pomacle, près de Reims). Il est un des actionnaires d’ARD.
L’entreprise coopérative a pour stratégie de réduire les transports de marchandise : betteraves, blé, éthanol, co-produits et même engrais, a souligné son président, Daniel Collard. « Déjà, nos adhérents planteurs de betteraves fertilisent leurs champs avec les vinasses (riches en azote et acide phosphorique) de nos usines et n’achètent plus d’engrais minéraux pour cette culture », s’est-il félicité.
Ensuite en raison des recherches des constructeurs et des pétroliers sur les carburants alternatifs. Dominique Dutartre, président d’ARD, a exposé ses raisons d’être optimiste pour l’avenir de l’éthanol : le véhicule standard de demain pour les constructeurs automobiles sera petit, plutôt léger, équipé d’un moteur diesel, avec 10% d’éthanol dans le gazole.