Cristal Union, dont le résultat net s’élève à 133 M d’euros sur 16 mois d’exercice 2015-2017, aborde la fin des quotas sucriers, programmée au 1er octobre, dans un esprit de conquête de marchés, a-t-il souligné le 19 juin.
« Notre stratégie est de conquérir des marchés et d’optimiser nos outils », a déclaré le président Olivier de Bohan. La coopérative a augmenté ses emblavements de 30 % en deux ans (25 % cette année), avec comme objectif une production de 17 Mt et en parallèle 120 jours de campagne. Outre l’agrandissement des surfaces chez les cultivateurs déjà présents au sein du groupe, Cristal Union a accueilli 733 nouveaux planteurs, portant à près de 10 000 le nombre de ses adhérents. Un plan d’investissement de 90 à 100 M d’euros par an est engagé depuis plusieurs années. À la sucrerie de Bazancourt (Marne), cela doit permettre d’augmenter la capacité de production de 24 000 à 28 000 tonnes de betteraves traitées/jour. La fin des quotas signifie un environnement « plus volatil qui nécessite d’être plus compétitif dans la partie agricole et industrielle », a souligné Olivier de Bohan.
Cristal Union a multiplié ces derniers mois les partenariats et prises de participation pour étendre son dispositif commercial, notamment dans le bassin méditerranéen. L’année 2016 est marquée par l’acquisition à 100 % de l’italien Eridania, et la prise de participation dans le leader croate Viro. En Algérie, le groupe a co-investi avec LaBelle dans une raffinerie qui dès sa première année d’exploitation génère un bénéfice de plus de 5 M d’euros, une « mise en route réussie », selon le directeur général adjoint Xavier Astolfi.
Renforcement dans le secteur de la déshydratation
En France, le nouvel accord interprofessionnel pousse Cristal Union à se renforcer dans le secteur de la déshydratation. Objectif : accompagner les évolutions de la filière pulpe et conforter la filière luzerne en favorisant les synergies entre les différentes productions. Cela se traduit par l’intégration des Sica de déshydratation issues de Vermandoise dans le dispositif industriel du groupe, et la reprise en direct des engagements des adhérents dans différentes autres coopératives régionales de déshydratation de luzerne. L’activité en alimentation animale s’étoffe avec une diversification dans la luzerne, par l’absorption de la Coopérative de déshydratation de Puisieulx, le développement de la luzerne bio de Sidesup, l’acquisition de Prodeva (production : 20 000 t de luzerne, 10 000 t de pulpe).
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Cristal Union affiche 2,5 Mrd d’euros de chiffre d’affaires. Ses « bonnes performances » lui permettent de rémunérer la betterave à près de 32 euros/t, soit 150 millions d’euros de retour financier pour les coopérateurs. Le résultat net de 133 millions d’euros en 2015-2017 tient compte de la distribution de 56 millions d’euros aux planteurs. « On solde définitivement la fin des quotas par une distribution exceptionnelle, sous forme de cash et sous forme d’épargne », a commenté Olivier de Bohan.
Le président du groupe a écarté tout risque pour le secteur du sucre de connaître un sort similaire à celui des éleveurs, confrontés à une grave crise déclenchée par la chute des cours à la fin des quotas laitiers en 2015. Les quotas sucriers vont être supprimés au 1er octobre. Il a rappelé qu’une réforme du secteur en 2005-2006 a d’ores et déjà « permis cette restructuration sucrière au sein de l’Europe ».
Le groupe sucrier pousse la compétitivité dans l’amont agricole et à l’usine