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Cristal Union pour une visibilité à long terme

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Pour Alain Commissaire, directeur général de Cristal Union, « l’industrie sucrière est une industrie extrêmement lourde où l’on pilote de gros navires » ce qui nécessite d’avoir une vision à long terme pour « développer des raisonnements cohérents ».

« On ne peut développer des raisonnements cohérents sur des périodes aussi courtes ! ». Alain Commissaire, directeur général de Cristal Union, estime que l’industrie sucrière est « un gros navire dont on ne peut pas dévier le cap en permanence ». « On doit avoir une vision à long terme du marché européen, car on est en complète compétition avec un monde totalement ouvert », explique-t-il à AgraAlimentation en poursuivant : « Nous sortons d’un système cloisonné ; qu’on nous donne le temps de nous mettre en ordre de marche ! » Alain Commissaire réagit également au rapport de l’Institut Choiseul publié en février 2013 et consacré à l’avenir de la filière sucrière en Europe qui reproche aux sucriers français de confisquer les marges obtenues par l’envolée des cours du sucre observée depuis plusieurs campagnes et de mettre les industries agroalimentaires consommatrice de sucre (confiserie, chocolaterie…) dans des situations délicates.
Ces entreprises utilisatrices réunies pour la plupart dans Alliance 7 se félicitent en effet de la décision du conseil des ministres de l’Agriculture européen de fixer à 2017 la fin du régime des quotas, « un régime conduisant à des contraintes pénalisantes sur l’offre, un manque de disponibilité et une absence de visibilité sur le marché », ont-elles expliqué dans un communiqué daté du 28 mars dernier. Le directeur général de Cristal Union retourne l’argument et s’interroge : « Pourquoi la baisse des cours du sucre observée après la réforme européenne de 2006 n’a t-elle pas été répercutée aux consommateurs par ces mêmes industries agroalimentaires utilisatrices ? »
D’ailleurs, selon Alain Commissaire, qui rappelle que lorsque l’industrie sucrière européenne a été fragilisée par les décisions de Bruxelles en 2006, « personne n’est venu vers nous pour nous apporter un ballon d’oxygène » ! « Nous sommes entrés dans un cycle où les cours du sucre sont à la baisse ». « Par contre, personne n’évoque la parité monétaire des différentes devises qui a permis notamment au Brésil de gagner 15% en termes de compétitivité en l’espace de six mois!», conclut le directeur général en s’interrogeant plus globalement : « La question que je me pose est bien de savoir si l’ensemble des politiques actuellement adoptées bénéficient au consommateur final et permettent le maintien et le renforcement des industries agroalimentaires sur notre territoire ? »

 

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