En dépit d’un contexte agricole difficile en 2020, la coopérative Cristal Union est parvenue à dégager un résultat net largement positif, contre une perte lors de l’exercice précédent. Ses dirigeants estiment qu’ils récoltent les fruits d’un positionnement centré sur l’Europe et d’un outil industriel réactif et adaptable à un environnement économique difficile à prévoir.
« Les résultats obtenus en 2020/2021 valident notre stratégie de transformation initiée ces dernières années », a souri Xavier Astolfi, le directeur général adjoint de la coopérative Cristal Union le 7 juin à l’occasion de la présentation des comptes de l’exercice clos le 31 janvier 2021. « On renoue avec une performance importante », a-t-il ajouté. En effet, tous les indicateurs sont orientés à la hausse : le chiffre d’affaires à 1,7 milliard d’euros, en progression de 3,8 % par rapport à 2019/2020, un Ebitda consolidé de 201 millions d’euros (contre 63 millions d’euros lors de l’exercice précédent) et un résultat net « largement positif » à 69 millions d’euros, contre un déficit de 89 millions d’euros en 2019/2020. Le groupe constate avoir retrouvé des niveaux de rentabilité similaires à ceux observés pendant les dernières années ayant précédé la fin des quotas européens.
Pour expliquer ces résultats, les dirigeants de Cristal Union mettent en avant la stratégie choisie depuis la fin des quotas sucriers européens en 2017 et qui a consisté à se focaliser sur le continent européen, ayant fait l’analyse qu’il n’était pas possible pour Cristal Union d’être compétitif sur le marché mondial. L’outil industriel a été alors réorganisé pour s’adapter à ces nouvelles conditions de marché.
« Sur cinq ans, l’endettement a été réduit de 40 %, ce qui nous a donné des capacités d’investissement », souligne Xavier Astolfi. « Au 31 décembre 2020, le montant des capitaux propres s’établit à 1,141 milliard d’euros, pour un ratio d’endettement (gearing) de 0,32x, en amélioration, permettant au groupe de poursuivre son désendettement et offrant une marge de manœuvre substantielle pour des investissements futurs », indique le groupe coopératif.
Plus d’alcool, moins de bioéthanol
Aujourd’hui, Cristal Union affirme détenir une part de marché de 10 % en Europe sur le sucre industriel. L’exercice passé, marqué par la forte demande en alcool pour fabriquer du gel hydroalcoolique, a profité à Cristal Union qui a pu mettre à disposition ses capacités de fabrication d’alcool. « Le développement des alcools traditionnels (+10 % en volume et + 40 % en valeur de ventes par rapport à 2019) a permis de compenser la baisse temporaire de 20 % de l’activité bioéthanol, liée aux restrictions de déplacements pendant les périodes de confinement », souligne le groupe.
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Pour ce qui est de la situation actuelle, la coopérative prévoit une stabilisation du marché du gel hydroalcoolique et, selon Alain Commissaire, directeur général de Cristal Union, « on ne constate pas de baisse de la demande de sucre de la part des clients industriels ». Et même si les industriels indiquent baisser le sucre dans leurs aliments. Le sucre de bouche a connu une nouveauté en 2020 avec le lancement d’une gamme en sachet kraft pour sa marque Daddy diffusée en France, permettant d’économiser l’équivalent de 10 millions de bouteilles en plastique, assure Cristal Union. « C’est un succès commercial qui démontre qu’on peut innover sur les produits, et aussi un point positif puisque cela nous permet de restaurer nos marges dans le cadre des négociations commerciales avec la grande distribution », explique Xavier Astolfi. Eridiana, la marque détenue par la coopérative en Italie, entreprend une démarche du même type permettant de réduire le recours au plastique au profit du papier.
Outre les difficultés liées au Covid-19, Cristal Union a rappelé que l’exercice passé s’est déroulé dans un contexte agricole difficile<0x2009>: ainsi, les rendements de betterave sucrière ont-ils baissé de 30 % par rapport à la campagne précédente, du fait de la jaunisse et de la sécheresse. Les difficultés liées au gel au cours du mois d’avril 2021 sont un sujet de préoccupation pour l’exercice en cours. La coopérative a décidé très rapidement d’accompagner les adhérents afin qu’ils puissent semer à nouveau et « sauver » leur récolte à venir.
Se montrant prudent sur d’éventuelles prévisions concernant l’exercice 2021/2022, Alain Commissaire a indiqué que le contexte actuel était plutôt favorable. « On pense que les prix européens du sucre vont monter à cause de la sécheresse au Brésil où les industriels seront tentés d’orienter leur production vers le carburant plutôt que le sucre à cause de la hausse du prix du pétrole », a-t-il indiqué.