Le groupe sucrier Cristal Union, qui renoue avec les bénéfices en 2020-2021, tire les fruits de sa restructuration, lui permettant d’augmenter « à moyen terme » son prix de la betterave à 30 €/t.
Cette année « difficile », avec la Covid-19, une attaque de pucerons combinée à la sécheresse, a eu « le mérite d’éprouver la solidité de notre modèle et la pertinence de notre stratégie », a déclaré le 7 juin le président Olivier de Bohan. Le résultat net grimpe à 69 M€, après une perte de 89 M€ en 2019-20 liée à une restructuration ayant conduit notamment à la fermeture des sucreries de Toury (Eure-et-Loir) et de Bourdon (Puy-de-Dôme). « Nous renouons avec la performance » et des « niveaux de rentabilité que nous avions connus » au moment des quotas, a souligné le DG adjoint Xavier Astolfi. Le chiffre d’affaires s’établit à 1,7 Mrd€ (+3,8 %), soutenu par l’activité sucrière qui connaît une baisse des rendements betteraviers de 30 % mais une hausse des prix du sucre en Europe. Misant sur une poursuite de l’amélioration de la conjoncture, le groupe coopératif prévoit de mieux rémunérer la betterave, à 27 €/t en 2021 (contre 25,50 €/t en 2020) et surtout 30 €/t « dans les toutes prochaines années ».
Repositionnement sur l’Europe
Cristal Union se considère en meilleure forme par rapport à d’autres concurrents, sachant que Tereos a publié quelques jours plus tôt une perte de 133 M€ en 2020-2021. « Pour ceux qui n’ont que partiellement restructuré, les performances sont compliquées », a estimé le DG Alain Commissaire. La transformation du modèle de Cristal Union ne se limite pas à une réorganisation de l’outil industriel. Le groupe se focalise sur l’Europe (90 % de ses ventes), où sa part de marché atteint 10 % dans le sucre industriel. Il s’attache à répondre aux attentes sociétales, avec par l’exemple l’objectif de réduire de 35 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Cela fait écho au Green deal européen, qu’Olivier de Bohan juge par ailleurs « inacceptable » vu l’absence d’étude d’impact.
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Fort d’un outil industriel « flexible et agile », Cristal Union est plus à même de saisir de nouvelles opportunités de marchés. La forte demande en alcool, notamment pour produire des solutions hydroalcooliques, a permis de compenser la baisse d’activité sur l’éthanol. Au final, les quatre distilleries (27 % de l’activité) du groupe affichent des records de production, à 2,7 Mhl d’alcool (plus 2,5 Mhl d’éthanol). « Sur les gels hydroalcooliques, nous avons fait des ventes d’alcool qui ont largement dépassé nos ambitions pré-Covid, puisque nous sommes passés de 50 000 hl à plus de 500 000 », a indiqué Xavier Astolfi. L’opération est très rentable : en termes de marge, ces produits « ont permis de compenser plus que la perte d’éthanol », d’après lui. Cela contribue à la forte hausse de l’Ebitda, à 201 M€ (contre 63 M€).