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Croissance des échanges agricoles nettement ralentie en 2016-2025, selon l’OCDE et la FAO

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Ralentissement de la croissance de la demande de produits alimentaires et, de façon très nette, des échanges mondiaux, relative stabilité des prix agricoles : telles sont les principales prévisions de l’OCDE et de la FAO pour 2016-2025.

Selon le rapport de l’OCDE et de la FAO sur les perspectives agricoles 2016-2025, publié le 4 juillet, la croissance de la demande de produits alimentaires devrait « peu à peu décélérer » du fait d’un ralentissement de l’accroissement de la population mondiale et d’un tassement des revenus dans les pays émergents. Néanmoins, la demande de viande, poisson et produits laitiers enregistrera une progression « relativement vigoureuse », entraînant une hausse de la demande d’aliments pour animaux.

Parallèlement, l’utilisation de produits agricoles pour la fabrication de biocarburants est appelée à « stagner », compte tenu de la baisse des prix de l’énergie et de politiques « plus modérées » en faveur de ce secteur dans plusieurs pays.

Maintien des prix « à un niveau relativement constant »

La demande alimentaire supplémentaire sera satisfaite grâce à des gains de productivité, les superficies cultivées et les effectifs d’animaux « ne changeant guère », estiment l’OCDE et la FAO. L’amélioration des rendements devrait ainsi assurer 80 % de l’augmentation de la production de végétaux, avec, cependant, une « perte de vigueur » dans les principaux pays producteurs « car il devient peu à peu de plus en plus difficile de repousser la frontière technologique ». La production végétale progresserait globalement de quelque 1,5 % par an, soit moins sensiblement que ces dernières années.

Du fait du ralentissement de la croissance des marchés en général, le développement des échanges agricoles devrait être « environ deux fois moindre qu’au cours de la décennie précédente », selon le rapport. Ils progresseraient annuellement de 1,8 % en volume sur la période 2016-2025, contre 4,3 % sur les dix dernières années.

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Finalement, la croissance de l’offre et celle de la demande s’équilibrant globalement, les prix agricoles réels « devraient se maintenir à un niveau relativement constant ».

(1) Voir même numéro

« Un large éventail d’incertitudes »

L’OCDE et la FAO reconnaissent que leurs perspectives agricoles 2016-2025 sont « soumises à un large éventail d’incertitudes, notamment aux variations des prix du pétrole, des rendements et de la croissance économique ». « Si ces facteurs continuent d’évoluer dans le même sens que par le passé, il y a de fortes probabilités pour que les prix connaissent au moins une oscillation de grande ampleur dans les dix ans à venir », avertissement les deux organisations internationales, ajoutant que « le changement climatique peut renforcer cette incertitude ».

De plus, souligne le rapport, « plusieurs incertitudes ont trait à l’action publique », par exemple l’annonce récente par la Chine d’une modification de sa politique céréalière et l’interdiction des importations en Russie, « qui est supposée expirer à la fin 2017 » (1).