Abonné

Réduction des intrants Croissance à deux chiffres pour un procédé de fertilisation alternative

- - 3 min

Une PME aveyronnaise, spécialisée dans la fertilisation alternative, utilisant des micro-organismes, a un taux de croissance à deux chiffres, a-t-elle indiqué, se présentant au SIA pour la première fois, le 22 février.

Laisser des micro-organismes faire le travail de fertilisation plutôt qu’épandre phosphates, potasse et nitrates, tel est le pari que la Sobac, une PME basée à Lioujas, dans l’Aveyron. Elle propose à environ 5 000 agriculteurs, avec un taux de croissance de 15 à 20% par an de ventes d’amendements organiques de fertilisation. Avec une production de 30 000 tonnes annuelles, et un objectif de 60 000 tonnes dans les prochaines années, la société fondée par Marcel Mézy, éleveur de chevaux dans l’Aveyron, amorce un nouveau développement.

Des champignons et des bactéries, des micro-algues et des lichens
La Sobac vend deux produits contenant des micro-organismes, en majorité des champignons du sol, et pour le reste des bactéries, des micro-algues et des lichens.
Il s’agit d’une part d’un granulé, sous la marque déposée Bactériosol, qui est épandu sur les parcelles de cultures arboricoles, maraîchères ou céréalières. Les micro-organismes fixent l’azote et le carbone de l’air, ainsi que les sels minéraux des roches, a expliqué Marcel Mazoyer, professeur émérite à AgroParisTech.
Il s’agit d’autre part d’un additif de compostage, une poudre sous la marque déposée Bactériolit, contenant des minéraux naturels et une sélection de végétaux naturels compostés, pour activer la transformation des fumiers et lisiers en humus.

Moins d’achats d’engrais et de pesticides
L’azote des fumiers et lisiers, au lieu de se décomposer en ammoniac ou en gaz à effet de serre et en effluents liquides polluants (nitrates), est stocké sous forme d’azote organique humique et peut entièrement être consacré à la fertilisation.
Au bout du compte, les agriculteurs peuvent réduire voire supprimer leurs épandages d’engrais, et aussi de pesticides parce que les plantes sont plus robustes, a rapporté Marcel Mazoyer, qui estime le gain moyen à l’hectare à 136 euros par hectare en élevage allaitant dans le Limousin.
Le professeur Georges Toutain, agronome et docteur en développement économique et social, a indiqué que ce type de procédés qui fait appel aux micro-organismes, permet d’obtenir des rendements de même niveau qu’avec des engrais et des pesticides, et que l’inconvénient majeur de ces derniers est qu’ils sont « contournés à chaque fois par les agresseurs au bout d’un certain temps ».
« Il faut faire connaître ce procédé en grand », a commenté Géry Capelle, responsable du développement technique agricole chez Bonduelle, qui prescrit les produits de la Sobac à 70 de ses agriculteurs.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

phosphates
Suivi
Suivre