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Énergies renouvelables Croissance freinée de la consommation de biocarburants dans l’UE

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La consommation européenne de biocarburants n’a pas progressé aussi rapidement en 2011 que les années précédentes, selon les données de l’observatoire indépendant des énergies renouvelables EurObserv’ER publiées le 25 juillet. En Allemagne, premier consommateur européen, elle a même baissé (-3%). En France, elle stagne (+0,5%). La priorité est aujourd’hui de s’assurer de la durabilité des biocarburants avant de décider une future augmentation de leur taux d’incorporation.

«La priorité des gouvernements de l’Union européenne n’est plus à une augmentation rapide de la consommation de biocarburants », constate l’observatoire indépendant des énergies renouvelables EurObserv’ER dans son baromètre annuel sur les biocarburants, publié le 25 juillet. En 2011, la croissance de la consommation annuelle a fortement diminué. Elle a atteint 3 % entre 2010 et 2011, pour 13,6 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) consommées en 2011 contre 13,2 millions de tep en 2010. Entre 2009 et 2010, cette croissance était de 10,7 %, entre 2008 et 2009 de 24,6 % et entre 2007 et 2008 de 41,7 %. Cela « s’explique par un objectif 2020 moins important en termes d’efforts que celui de la directive biocarburants de 2003 (qui visait une part de 5,75 % en 2010) et qui n’oblige plus les pays membres à incorporer aussi rapidement des biocarburants sur leur marché national. La priorité est aujourd’hui de s’assurer que les biocarburants consommés sur leur territoire national respectent bien les critères de durabilité », analyse l’observatoire.

Baisse en Allemagne et stagnation en France

Peu de pays européens ont ainsi relevé leur taux d’incorporation l’an passé : la Finlande (4 à 6 %), la Pologne (5,75 à 6,2 %), l’Italie (3,5 à 4 %), l’Espagne (5,83 à 6,2 %), la Bulgarie (3,5 % à 5 % en volume), les Pays-Bas (4 à 4,25 %) et le Danemark (premier quota fixé à 3,5 %). L’Allemagne et la France notamment ont fait le choix d’un palier avant de décider d’une future augmentation de leur taux d’incorporation. Ces deux pays ont préféré commencer par se conformer aux exigences de la directive énergies renouvelables vis-à-vis des critères de durabilité. La loi allemande sur la durabilité des biocarburants votée en septembre 2009, est effective depuis le 1er janvier 2011. Le système national français de durabilité des biocarburants et bioliquides est entré en vigueur le 10 novembre 2011 avec une mise en œuvre progressive entre le 1er janvier et le 30 avril 2012. Résultat : en Allemagne, la consommation a reculé de 3%, et la France affiche une croissance de 0,5%. L’Allemagne reste le premier consommateur de biocarburants destinés aux transports en Europe avec près de 3 milliards de tep en 2011, suivie par la France (2,1 Mtep), l’Espagne (1,7 Mtep), l’Italie (1,4 Mtep) et le Royaume-Uni (1,1 Mtep).
Le biodiesel reste le premier biocarburant consommé en Europe dans les transports avec 78 % de la consommation, contre 21 % de bioéthanol. Le reste se partage entre le biogaz carburant (0,5%) et les huiles végétales (0,5%). Mais le bioéthanol est en train de rattraper une partie de son retard : sa consommation a progressé de 6,2% par rapport à 2010 alors que celle du biodiesel n’a augmenté que de 2,4%. Et, selon les premières estimations de l’European Biodiesel Board, pour la première fois de son histoire, la production de l’Union européenne a diminué. Elle serait passée de 9,6 milliards de tonnes en 2010 à 8,8 milliards de tonnes en 2011, soit une baisse de 8 %. La production de bioéthanol devrait, elle, se situer aux environs de 4,39 milliards de litres en 2011, contre moins de 4,3 milliards en 2010, soit une hausse de 2,9 %.

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