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Industrie laitière/Résultats Croissance ralentie chez Even

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En Bretagne, le chiffre d’affaires d’Even a peu progressé l’an passé (1,990 milliard d’euros en 2012). Mais les performances des marques de sa filiale Laïta dont il est premier actionnaire et l’augmentation des ventes des poudres élaborées sur pays tiers maintiennent la confiance de ses dirigeants dans l’avenir.

En dépit des difficultés à passer des hausses de prix en GMS, du recul de la consommation des ménages français et de la baisse des prix des produits laitiers à l’international en 2012, la coopérative Even (Ploudaniel, Finistère) est parvenue à faire progresser son chiffre d’affaires, l’an passé, de 2,7 % à périmètre constant à 1,990 milliard € (5240 salariés). Et le résultat de la coopérative a gagné 5 % à 18,3 millions €. Son CA se décompose à 58 % (1,160 milliard €) dans l’industrie laitière –Even est actionnaire majoritaire de Laïta aux côtés de Terrena et Triskalia –, 25 % dans la distribution alimentaire vers la RHD et 16 % dans l’amont. Pour le groupe Even, Laïta est l’atout-maître qui, par sa stratégie, génère suffisamment de valeur ajoutée pour soutenir le prix payé aux adhérents (331 €/1000 l en moyenne sur 2012 chez Even). Objectifs 2013 du groupe coopératif Even : « confirmer son développement européen en produits de grande consommation (PGC), conquérir des marchés dans les pays tiers (hors Europe) en ingrédients et en produits nutrition-santé ; investir pour rester à la pointe des technologies laitières. »
Déjà, sur 2012, Even a concrétisé ses objectifs. Laïta a vu les ventes de PGC augmenter de 4,5 % en volume, souligne Christian Couilleau, directeur général d’Even et de Laïta. Et ce malgré une collecte stable à 1,4 milliard de litres de lait dont 350 millions proviennent d’Even. Sous la marque Paysan Breton, les beurres ont gagné 6 % en GMS, les fromages fouettés 20 %. Régilait a également gagné 6,5 %, Mamie Nova 15 %, entraînant avec elles les ventes de produits laitiers sous marques de distributeurs. « Les ventes de beurre et de fromage en Europe (dans l’ordre Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne, Italie) ont aussi augmenté », précise Christian Couilleau. En ingrédients secs, la diversification de la qualité de ses fabrications (poudres basiques, poudres premium, poudres à cahiers des charges techniques spécifiques, ingrédients élaborés, etc.) a permis à Laïta de résister à la forte baisse des cotations beurre-poudre du premier semestre de 2012. « Les ventes pays tiers ont représenté 17 % du CA de Laïta en 2012, poursuit Christian Couilleau. Il y a évidemment un risque à travailler à l’international, mais lorsqu’on voit que le marché progresse de 5 à 6 % hors d’Europe qui est un marché mature, il n’y pas de questions à se poser. » Laïta a expédié ses premiers conteneurs d’ingrédients élaborés vers la Chine et compte bien dépasser les 1000 t cette année.
Laïta a investi, en 2012, 50 millions d’euros dans ses usines : réorganisation des beurreries, augmentation des capacités d’affinage de la fromagerie d’Ancenis en pâte molle, dépoussiérage de l’environnement des tours de séchage… Et dispose cette année d’une enveloppe similaire pour moderniser la fromagerie pâte pressée cuite de Ploudaniel, améliorer l’environnement des tours de séchage et mettre en place un nouveau système d’ensachage de poudres, notamment pour la Chine. « Nous avons encore du travail pour faire progresser notre mix produits en poudres », concède le directeur général. Mais la coopérative Even n’a pas que Laïta dans son « jeu », avec ses niveaux d’exposition mondiaux. Even agit aussi au niveau national avec son réseau de 18 sociétés de distribution de produits alimentaires (réseau Krill) vendus aux particuliers, à la RHD et aux boulangers-pâtissiers. Even Distribution est, du reste, plus gros employeur que Laïta (2 480 salariés contre 2 370 dans l’industrie). Et bénéficie d’investissements continus pour optimiser son organisation (plates-formes logistiques, ateliers de tranchage de viande, etc.). Si Even ne connaît pas la crise, elle affronte cependant quelques turbulences dans son activité d’abattage-découpe de dindes en prestation de services. Dans ce secteur sinistré, ses deux filiales, le Clézio et TDI (la dernière en co-actionnariat avec une société de la galaxie Glon) sont en redressement judiciaire depuis février jusqu’en novembre. « Nous sommes dans l’attente d’offres de reprise de l’outil qui, je le rappelle, est le dernier à avoir été mis en service en Bretagne », indique Christian Couilleau.

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