Un très intéressant rapport sur l'impact économique et social des activités culturelles vient d'être remis au gouvernement. On y apprend que l'Etat injecte dans ces activités environ 13 milliards d'euros, que le secteur emploie près de 700 000 personnes et qu'il dégage une valeur ajoutée de l'ordre de 57 milliards d'euros. Ces chiffres sont étonnamment proches de ceux de l'agriculture : les subventions à celle-ci sont de l'ordre de 10 milliards d'euros, la valeur ajoutée de près de 30 milliards pour un nombre d'actifs sensiblement supérieur, près d'un million de personnes. En somme, les différences sont minimes et portent sur une part plus importante des consommations intermédiaires en agriculture (c'est une activité de production plus que de service) et un nombre plus important d'actifs, donc moins rémunérés individuellement. Et puis, les subventions à l'agriculture sont surtout portées par l'Europe, elle-même financée par les pays membres.
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Mais ce que démontre ce rapport réalisé par les très sérieux inspecteurs des finances et ceux du ministère de la culture, c'est que l'argent investi par l'Etat est éminemment utile à la société : de par les emplois induits, l'activité et les services rendus. Le fait que l'agriculture et la culture puissent être comparés devrait faire plaisir au philosophe Michel Serres, amateur d'analogies entre ces deux activités fondamentales aux racines communes. Mais surtout, il devrait conforter les élus de la nation quant au rôle crucial pour la société de ces deux dimensions. De fait, le débat entre députés sur la loi d'Avenir pour l'agriculture a été globalement d'une bonne tenue. Il le méritait. Le rapport sur la culture, par analogie, montre que l'agriculture justifie à 100% l'argent que l'Etat y injecte.