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Réforme de la Pac Dacian Ciolos dénonce un « faux débat » sur le verdissement

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La Commission européenne ne propose pas de geler 7 % des terres en production mais de maintenir des surfaces qui ne sont pas exploitées jusqu’à maintenant, assure le commissaire européen à l’agriculture en réponse aux nombreuses critiques formulées contre les modalités envisagées pour verdir les paiements directs dans le cadre de la réforme de la Pac.

«Je crois qu’il y a un faux débat autour de ces 7 % », a déclaré Dacian Ciolos le 19 janvier à Berlin où était inaugurée la Semaine verte. Le commissaire européen faisait référence au respect de l’une des trois exigences environnementales dont Bruxelles propose de faire dépendre le versement de 30 % des paiements directs, à savoir le maintien de pâturages permanents et réservoirs écologiques ou éléments de paysage (par exemple jachère murs, haies, terrasses ou bandes enherbées) sur au moins 7 % des terres.
« Nous ne proposons pas de mettre en jachère 7 % des terres qui servent à la production agricole », a assuré M. Ciolos. « On va encourager les agriculteurs à maintenir des surfaces que jusqu’ici ils n’entretiennent pas. Les agriculteurs n’auront pas forcément besoin de mettre en jachère des parcelles dédiées à la production », si, par exemple, les surfaces boisées de leur exploitation suffisent à atteindre le quota de 7 %, a-t-il affirmé, jugeant qu’il n’était « dans l’intérêt de personne de provoquer un conflit entre la production agricole et le souci de la durabilité ». Selon la fédération des agriculteurs allemands DBV, qui voit dans cette proposition une « boulimie de jachères », celle-ci signifierait que 500 000 à 600 000 hectares ne pourraient pas être cultivés au niveau national, et 5 millions d’hectares à l’échelle de toute l’UE.
Le Royaume-Uni veut que la Commission européenne remplace sa proposition « rigide » de verdissement des paiements directs par une liste alternative d’options et un système de points, afin de donner plus de flexibilité aux Etats membres, a annoncé le 17 janvier Caroline Spelman, la secrétaire d’Etat britannique à l’environnement, à l’alimentation et aux affaires rurales. Selon elle, le « régime à taille unique » envisagé par Bruxelles n’apporte pas les bénéfices souhaités et a des « conséquences involontaires » dues aux grandes différences dans la géographie, le climat et les pratiques agricoles des Vingt-sept. « Ce qui est proposé manque d’ambition, ne rétribue pas correctement le contribuable et s’avère trop rigide. Nous allons faire fortement pression pour beaucoup plus de flexibilité », a dit Mme Spelman.
La ministre britannique a précisé que les options envisagées par Londres seraient basées sur le concept de zone à vocation écologique, plutôt que sur la rotation des cultures ou les pâturages permanents, et que le système de points garantirait l’équivalence des mesures choisies entre par les Etats membres. Elle a assuré que le Royaume-Uni avait des alliés sur la question du verdissement, parmi lesquels l’Allemagne, les pays scandinaves, la République tchèque, la Slovénie et la Slovaquie. Enfin, Mme Spelman a maintenu l’idée que les bénéfices environnementaux sont mieux assurés à travers le deuxième pilier de la Pac (développement rural) et nié que Londres ait « perdu la partie » sur le verdissement, le processus de négociation en étant à ses « premiers jours ».

(1) Voir n° 3334 du 23/01/12

 

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