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Europe Dacian Ciolos : « Ne pas être à la merci du marché »

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S’exprimant au congrès de la FNSEA par le moyen d’une vidéo enregistrée, le commissaire à l’agriculture a expliqué les grandes lignes de sa vision pour l’agriculture. Il a notamment estimé que le rôle désormais prédominant du marché ne signifiait pas pour autant « être à la merci du marché ».

Les aides directes de la Pac doivent être fixées au niveau adéquat mais elles doivent évoluer, a expliqué Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture, via une vidéo enregistrée et diffusée devant les congressistes de la FNSEA. Ces aides, selon le commissaire, doivent être distribuées de façon plus équitable entre agriculteurs et entre régions. Et surtout, il est difficile d’imaginer qu’en 2020 elles soient assises sur des valeurs de 2002-2003, dit-il en faisant allusion aux références historiques. Le citoyen ne le comprendrait pas, lui qui doit percevoir la contrepartie des efforts qu’il fait pour l’agriculture.
Sur le plan écologique, le secteur a déjà contribué à réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serres (GES) a expliqué Dacian Ciolos. Il faut continuer dans ce sens : « La société demande à l’agriculture de produire avec une gestion durable des ressources naturelles. Il faut produire plus avec moins. Ce qui correspond parfois à des exigences difficiles à satisfaire. »

Dysfonctionnement dans la répartition de la valeur ajoutée
En ce qui concerne la volatilité des prix, « il faut des outils de maîtrise du marché, c’est-à-dire en adapter certains, en créer de nouveaux. » Donner au marché un rôle prédominant « ne signifie pas être à la merci de ce marché ». De plus, il faut étudier la relation entre les acteurs de la chaîne alimentaire : la variation des prix entre 2007 et 2009 a montré qu’il y avait un dysfonctionnement dans la répartition de la valeur ajoutée. Les liens doivent être plus étroits entre partenaires dans le cadre de relations contractuelles et d’interprofessions qui peuvent justifier certaines adaptations des règles de concurrence. De toute façon, affirme Dacian Ciolos, les producteurs agricoles doivent pouvoir discuter d’égal à égal avec les autres acteurs, notamment grâce au rôle accru des organisations de producteurs.

Les bases d’une nouvelle légitimité
En ce qui concerne le secteur laitier, le commissaire a annoncé attendre les conclusions du groupe européen à haut niveau et proposera, d’ici la fin de l’année, une série de mesures réglementaires pour le secteur laitier. « Il ne faut pas attendre », dit-il. Il a réaffirmé qu’il allait lancer un grand débat européen sur la place de l’agriculture dans la société. Une manière de trouver les bases d’une légitimité nouvelle de l’agriculture dans la société. « La Pac nous rassemble et doit nous ressembler », affirme Dacian Ciolos. Elle doit être en ligne avec la place de l’agriculture dans la société.

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