Sécurité alimentaire
Les instances internationales ne remplissent plus pleinement leur rôle de garantes de la sécurité alimentaire, déplore l’Académie d’agriculture de France. Un constat partagé par l’ancien commissaire européen à l’agriculture Dacian Ciolos, venu exposer ses pistes de solution devant l’académie le 7 octobre.
« Avec près de quatre milliards d’individus en état de malnutrition, soit 55 % de la population mondiale, notre planète vit dans l’insécurité alimentaire », a alerté Jean-Louis Rastoin, membre du groupe de travail « Agriculture, filière et sécurité alimentaire » de l’Académie d’agriculture de France. La sécurité alimentaire étant l’un des enjeux de la paix sociale, les académiciens ont convié Dacian Ciolos le 7 octobre, afin de débattre et faire émerger des solutions à cette problématique mondiale.
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Les instances internationales historiques chargées du défi alimentaire (FAO, FIDA et PAM) auxquelles s’ajoutent désormais les États du G20 et l’OMC, ont chacune leur approche propre du concept de sécurité alimentaire. « En raison de ces différentes lectures, la sécurité alimentaire, affichée comme une préoccupation de la plupart des partenaires internationaux, trouve difficilement un accord international permettant de la mettre en œuvre », explique M. Ciolos. Dans ces débats internationaux, l’Union européenne a un rôle majeur à jouer. « Principal bailleur de fonds en matière de lutte contre la pauvreté et la faim » elle est paradoxalement peu présente dans la construction de solutions durable, poursuit M. Ciolos.
Pourtant, la mise en place d’une gouvernance globale devient urgente : en l’absence de définition claire d’une réglementation internationale, « ce sont des groupes privés qui vont prendre la main sur les enjeux de qualité alimentaire ». Dacian Ciolos a appelé les instances internationales à travailler avec cohérence et faire preuve d’innovation dans l’action publique. Car l’alimentation est un enjeu trop stratégique pour la laisser sous la coupe de la "main invisible du marché". Multisectorielle, elle dépend de politiques publiques touchant à l’agriculture bien entendu mais également à la santé, au commerce ou à l’environnement. Pour Dacian Ciolos, au-delà de la gouvernance globale, les solutions à l’insécurité alimentaire sont locales. Elles doivent permettre, en fonction des caractéristiques de chaque territoire, de réduire la pauvreté, limiter la volatilité des prix et relever le défi climatique.
BB