« Les pratiques consistant à désintensifier l’agriculture ne sont pas sans danger, notamment en matière de mobilité de métaux lourds dans les sols » selon Daniel Tessier, directeur de l’unité de science du sol à l’INRA (Versailles). S’exprimant le 19 février lors d’un débat sur « les éléments à l’état de trace » organisé au Musée des Arts et Métiers (Paris), le scientifique a indiqué que le risque associé aux métaux lourds n’était pas tant lié à leur teneur globale dans le sol qu’à leur capacité à migrer vers les plantes. Démonstration : en l’absence d’intrants et d’équilibre argilo-humique, la plante a naturellement tendance à acidifier le sol ; cette acidification rend davantage mobiles les métaux lourds ; ceux-ci passent alors plus facilement vers les plantes. Selon Daniel Tessier, certaines pratiques de culture moins intensives (non labour etc...) pourraient favoriser cette migration. Pour l’heure, le responsable de l’Inra estime que les sols de culture intensive ont été relativement épargnés par les pollutions en métaux lourds (phosphate, cadmium, plomb...). La plus grande inquiétude de Daniel Tessier concerne les régions d’élevage hors-sol dont les lisiers comprennent de fortes quantités de zinc et de cuivre. L’acidification des sols forestiers est considérée comme un véritable danger.
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