Après avoir annoncé son intention de lancer des yaourt bio en Europe, Danone semble avoir fait son choix : ses premiers produits issus de l’agriculture biologique seront probablement fabriqués et commercialisés sur le marché Irlandais, qui dispose d’une filière de lait biologique. En France, « le potentiel existe » indique-t-ton chez Lactalis. (Par ailleurs, fort de son rapprochement avec les produits laitiers frais de Nestlé, le groupe de Laval finira sans nul doute par réagir). Mais certaines difficultés risquent cependant de complexifier l’arrivée du bio «made in Danone» en France. «Il faut continuer à structurer la filière, explique Cécile Frissur, déléguée générale du Synabio. Il y a encore un problème de valorisation du lait bio». En cause, le manque d’outils de transformation et l’organisation de la collecte de lait au niveau régional. Les faibles volumes générés par le marché du bio demandent en effet de posséder des chaînes de transformation adaptées. C’est le cas de Triballat, et d’Eurial Poitouraine. Deux groupes situés dans le quart Nord-Ouest de l’Hexagone, qui gèrent leur production en fonction de leur bassin laitier. Parallèlement, les producteurs de la moitié Est ne disposent pas de tels débouchés, et les opérateurs ne peuvent pas toujours absorber l’ensemble des volumes collectés parfois à des coûts prohibitifs.
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Enfin, Danone devra soigner son positionnement marketing pour être accepté par la grande distribution. Naturellement synonymes d’aliments-santé, ses yaourts bio ne devront pas cannibaliser ses propres produits laitiers frais et autres alicaments déjà en place sur le créneau. Le choix de Stonyfield Farm pour relever ce défi apparaît judicieux : « intelligemment positionné sur le thème du respect de l’environnement aux Etats-Unis, c’est un des premiers industriels à avoir apposé sur ses étiquettes un message autre qu’alimentaire » analyse Cécile Frissur.