S’il n’y a pas de fumée sans feu, l’actuel climat des affaires en Russie n’est pour rien dans la rupture des négociations, annoncée par la rumeur il y a quelques semaines déjà, entre le groupe Danone et le leader russe des produits laitiers et jus de fruits Wimm-Bill-Dann . Dans un communiqué laconique, le Français, qui visait une reprise partielle ou totale du groupe russe, se contente d’indiquer que la décision a été prise d' « un commun accord entre les deux partenaires ». Plus diserte, l’autre partie explique, via une porte-parole, que les discussions ont achoppé sur les modalités de la transaction.
Assurément, l’échec des négociations entre Danone et Wimm-Bill-Dann, qui se prolongeaient depuis plus de deux ans, ne constitue pas un drame pour le groupe français, tout au plus une opportunité manquée. Selon diverses sources, les deux groupes ne se sont pas entendus sur le prix. À en croire les observateurs, le désaccord portait également sur la stratégie à mettre en œuvre – et notamment sur le devenir des jus de fruits (30 % du chiffre d’affaires du groupe) que Danone aurait envisagé de céder –, ainsi que sur la structure du management.
Valorisation trop élevée
Le Français, qui détient 7,2 % du capital de Wimm-Bill-Dann depuis l’introduction de celui-ci à la bourse de New York en février 2002, aurait pu, grâce à l’opération, doubler ses ventes de produits laitiers frais en Europe de l’Est. Pour l’heure, le groupe poursuit donc seul sa route en Russie, où il est doté de deux usines dans les produits laitiers frais, et d’une autre dans les biscuits. Wimm-Bill-Dann avait dégagé en 2002 un bénéfice net de 36 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 852 millions. Au regard de ces résultats, certains analystes jugeaient la valorisation du groupe à 700 ou 800 millions d’euros fin octobre, trop élevée.
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Quant à Danone, il a annoncé à la mi-octobre un chiffre d’affaires, à périmètre et taux de change constants de 10,109 milliards d’euros sur neuf mois, en progression de 8 % par rapport à la même période en 2002. Hors éléments exceptionnels, le résultat net du groupe au premier semestre de l’exercice en cours s’est élevé à 403 millions d’euros, en hausse de 0,2 %.