Danone a triplé son bénéfice net à 4,18 milliards d’euros, en 2007, pour un chiffre d’affaires en progression de 9,7 % à 12,776 milliards d’euros. Recentré sur trois métiers, dont la nutrition infantile et clinique, le géant français entend poursuivre la construction de ses positions de leader dans chacun des pays où il est présent. Confiant en l’avenir, Danone a relevé ses objectifs de croissance organique, pour 2008 comme pour les années futures, entre 8 et 10 %.
Sûr de son modèle économique et de ses possibilités de croissance dans le secteur de la nutrition infantile et clinique, Danone a décidé de relever ses objectifs de croissance organique du chiffre d’affaires pour 2008. « Nous allons développer la croissance de notre chiffre d’affaires tout en améliorant nos marges pour 2008, même sur les années à venir », s’enorgueillit Franck Riboud, p.-d.g. de Danone. Il table désormais sur une croissance organique entre 8 et 10%, contre 5 à 7% en 2006 et 6 à 8% en 2007 ainsi qu’une croissance de son résultat opérationnel supérieure à celle de la croissance organique. Les virages pris par Danone au cours de l’année 2007 lui permettent d’être confiant en son avenir. « Nous allons continuer à construire nos positions de leader par pays. Ce serait l’axe stratégique principal », indique le patron du géant français. Avant que les transactions avec Kraft et Numico soient finalisées, la France ne représentait plus que 21% du chiffre d’affaires global du groupe, contre 38% en 1996. Et cette tendance « va même s’accélérer car les zones émergentes ont des croissances beaucoup plus soutenues », décrit Franck Riboud, précisant qu’il ne s’agit pas « d’un désengagement en France ».
« Un grand Wahaha »
Sur 2007, Danone a réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 9,7% à 12,776 milliards d’euros, pour un résultat opérationnel courant de 1,696 milliard d’euros, en progression de 13,4%. Incluant deux mois de chiffre d’affaires consolidé de Numico pour 450 millions d’euros, son chiffre d’affaires a progressé de 5,9%. Le résultat net part du groupe a triplé à 4,18 milliards d’euros, incluant l’acquisition de Numico et la cession de son pôle biscuits et produits céréaliers à Kraft. Sa marge opérationnelle a progressé pour «la treizième année consécutive», de manière légère à 13,27%, contre 13,24% un an auparavant. « Quelles que soient les hypothèses de périmètre, Danone a atteint son objectif de croissance. Nous sommes convaincus que notre stratégie de focalisation sur la nutrition et la santé a permis cette progression. Nous recentrer sur des métiers nous a permis d’être d’une terrible efficacité », s’est félicité Franck Riboud.
Le groupe a réalisé ses bonnes performances malgré son conflit avec Wahaha, conflit qui ne devrait pas être réglé « avant encore plusieurs mois », a précisé Emmanuel Faber, nouveau directeur général délégué et vice-président du groupe. Dans un entretien accordé à nos confrères de La Tribune, Franck Riboud a déclaré qu’il souhaitait « créer un grand Wahaha en regroupant la société commune »qu’il détient avec le patron du groupe chinois et « la trentaine d’entreprises qu’il a développées parallèlement ».
Danone a également vu ses volumes de ventes de boissons « s’écrouler » en Europe de l’est et en Europe centrale. Franck Riboud a, toutefois, tenu à signaler que le taux de croissance enregistré sur le premier trimestre 2008 devrait être supérieur à celui du quatrième trimestre 2007. L’activité Eaux a ainsi progressé de 4% à 3,535 milliards d’euros, sur l’ensemble de son exercice. Le p.-d.g. de Danone a précisé son désir de se focaliser sur les eaux de sources et minérales et d’en exploiter tous les bénéfices santé.
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« Blédina sur Numico »
Les résultats de Numico, sur le dernier trimestre 2007, ont été décevants. « Le réalignement des stocks de Numico chez les distributeurs avec les pratiques du groupe et l’impact des hausses de tarifs ne se sont fait qu’au quatrième trimestre 2007. Le premier trimestre 2008 enregistre des ventes vers le consommateur très soutenues. Numico sera très contribuant à nos objectifs de croissance. Et la nutrition clinique le sera encore plus que le baby food », a indiqué Franck Riboud. Le coût des synergies de l’intégration de Numico à Blédina devrait représenter 60 millions d’euros d’ici 2011, dont 45 millions en 2008. Danone devrait enregistrer un gain entre 120 et 140 millions d’euros de la mise en place de ces synergies. 15 équipes de management ont été créées regroupant 35 personnes de Danone, 10 de Blédina et 25 de Numico. Pour Franck Riboud, c’est bien le savoir-faire de Blédina qui sera au service de Numico. Néanmoins, grâce à la présence du néerlandais dans 45 pays, Blédina va pouvoir sortir des frontières françaises et développer ses ventes à l’export. La marque devrait prochainement sortir un lait infantile contre les allergies, baptisé Apaisia, qui pourra profiter du réseau de distribution de Numico. L’entité Numico va progressivement disparaître pour devenir la division Danone Baby Food.
Démarrage lent d’Essensis
Son pôle produits laitiers frais a « été particulièrement dynamique au quatrième trimestre, reflétant l’impact des hausses de tarifs », a précisé le p.-d.g. de Danone. L’activité a progressé de 12,2% sur l’ensemble de l’année, dont 5% grâce à un effet prix et 7,2% grâce à un effet volume (incluant Blédina). L’impact des hausses des matières premières, estimé à 300 millions d’euros, en 2007 « a été totalement absorbé par deux vagues de hausse de tarifs en juillet-août et en décembre, avec effet au 1er janvier 2008, et le sera encore sur 2008 » assure Franck Riboud. Le groupe a augmenté en moyenne entre 5 et 10% ses prix au niveau mondial.
Concernant les difficultés d’Essensis pour s’installer sur le marché, Franck Riboud a répondu que « le produit démarrait bien en Espagne. En France, c’est plus lent même si les résultats sont déjà supérieurs à ceux de Danacol à ses débuts. Mais le concept d’Essensis est plus long à installer ». Pour justement expliquer davantage le produit aux consommateurs, Danone attend de nouvelles études cliniques pour « comprendre comment positionner le produit ». « Par exemple, nous ciblions plutôt les femmes de 25 à 35 ans. Or il s’avère que notre clientèle se situe plus dans une tranche de 45 à 65 ans. Essensis a eu une cible beaucoup moins large que nous ne l’avions imaginé au départ », note-t-il.