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Dans les élevages, « il ne faut absolument pas décapitaliser », plaide le Snia (aliments)

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Dans un entretien à Agra Presse le 29 mai, François Cholat, le président du Snia (fabricants d’alimentation animale), insiste sur la « nécessité de maintenir le capital productif » de l’élevage. La réouverture des restaurants au 2 juin créera « potentiellement un appel d’air important », estime-t-il. « Si nous ne sommes pas là pour la reprise de la consommation et le déstockage à venir, c’est l’importation qui va en profiter », prévient M. Cholat, notant par exemple d’importants stocks de volailles en Pologne.

Pour le président du Snia, il subsiste toutefois « d’énormes inconnues », notamment sur l’évolution du prix des vitamines et oligo-éléments, qui représentent 1 à 2 % de la ration des animaux d’élevage. Le 13 mai, il avait alerté sur « l’augmentation importante du prix des vitamines et oligo-éléments ». Par exemple, le prix de la biotine (vitamine B8), importée de Chine, a été « multiplié par huit fin mars, début avril ». « Nos firmes services ont du mal à nous donner des estimations, on est dans le brouillard », reconnaît François Cholat. Dépendant des niveaux de stocks de chaque entreprise, cette hausse des prix pourrait être moins importante qu’attendu. Mais les fabricants d’aliments restent pénalisés par la crise sanitaire, qui a fait gonfler le coût du transport et occasionné des surcoûts dans les usines.

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Avec une baisse de 2,5 % de la production d’aliments composés par rapport à 2019, « le mois d’avril n’a pas été bon », déclare Stéphane Radet, le directeur du Snia. Dans le détail, le canard à rôtir – principalement consommé en RHD – est « la grosse préoccupation du moment », avec un recul de 22 % de la production d’aliments entre janvier-avril 2019 et la même période en 2020. Autres filières dans l’œil du cyclone : les équins et les veaux (avec une baisse de 10 % des aliments d’allaitement). Les aliments pour poulets standards et certifiés ont, eux, reculé de 2,5 % sur la même période. « On va observer de très près les chiffres de mai, car c’est à ce moment-là qu’on verra la dimension totale de l’effet Covid-19 », précise M. Radet.

La réouverture des restaurants créera « potentiellement un appel d’air important »