La mobilisation des agriculteurs, d'abord à Paris le 3 septembre, puis à Bruxelles lundi dernier, était à la hauteur du malaise qui couve dans de nombreux secteurs en France et en Europe, du lait en passant par la viande porcine et bovine et les fruits et légumes. Venus avec de nombreuses revendications, ils sont néanmoins repartis avec beaucoup d'amertume, à en juger par les commentaires acerbes des uns et des autres. Les comptes, certes, n'y sont pas. S'il y a du bon dans les mesures présentées par Manuel Valls, elles ne permettront pas de régler tous les problèmes. Quant aux 500 millions d'euros promis par Bruxelles, à répartir entre tous les Etats membres, il est clair qu'ils sont bien loin de couvrir le manque à gagner, ne serait-ce que de la perte du principal marché à l'exportation, la Russie. Mais croire que tout allait changer d'un coup de baguette magique eut été utopique. Toujours est-il que la déception était d'autant plus grande que la mobilisation était préparée de longue date. Est-ce à-dire que tout ça n'a servi à rien et que tout va reprendre comme avant ? Certes non.
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Mais en attendant, à chacun de prendre ses responsabilités. A commencer peut-être par les consommateurs. Selon un sondage Tilder-LCI-Opinion Way publié au début du mois, 84 % des personnes interrogées déclaraient comprendre le mouvement des agriculteurs et 65 % allaient même jusqu'à soutenir les mobilisations du 3 septembre. Un soutien qui ne devrait pas en rester là. Le jour où tous les consommateurs comprendront ou plutôt arrêteront de croire que la spirale du prix bas est durablement tenable, et accepteront de payer « le juste prix », alors les choses avanceront… peut-être. Payer le prix juste devrait permettre à tous les maillons, de la chaîne de l'agriculteur, au transformateur en passant par les distributeurs de s'en sortir. Perrine Delfortrie