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Edito Dans l'impasse

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Les mois passent et force est de constater que la situation entre la grande distribution et les entreprises de l'agroalimentaire n'a fait qu'empirer. Pire, elle semble maintenant totalement dans l'impasse. Plusieurs fois déjà, Jean-Philippe Girard, le patron de l'Ania, a tiré la sonnette d'alarme sur l'urgence à mettre fin à la guerre des prix entre distributeurs, une guerre des prix destructrice de valeur pour tous, fournisseurs et distributeurs et au final, pour le consommateur. La concurrence doit être créatrice de valeur et non l'inverse comme ici, à condition de déplacer le curseur non pas vers le prix le plus bas, mais vers le prix le plus juste.

Toujours est-il que, de lettres ouvertes en réunions avec le gouvernement rien n'y a fait depuis un an. Pire, les distributeurs qui s'étaient engagés à de meilleures pratiques ont choisi de se regrouper pour mieux négocier leurs achats ! Une concentration qui n'a fait qu'accentuer un rapport de force déjà fortement déséquilibré, contre lequel rares sont les entreprises qui peuvent lutter. Seul le patron de Nestlé France s'est ouvertement insurgé contre cette situation.

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Aujourd'hui, l'Ania demande à être reçue par le Premier ministre. « Les pouvoirs publics nous ont beaucoup écoutés. Nous leur demandons aujourd'hui de passer d'urgence à l'action », indique l'association signataire d'une tribune collective avec 30 organisations représentatives de l'agroalimentaire et des spiritueux dans Le Figaro du week-end dernier.

Que faire d'autre, après avoir maintes et maintes fois répété, dénoncé, expliqué dans nos colonnes une situation pour le moins absurde, que d'espérer que les politiques se saisiront du problème avant qu'il ne soit trop tard. L'agroalimentaire est une industrie résiliente, en témoigne bon an mal an le maintien de ses effectifs autour de 493 000 emplois. Mais jusqu'à quand ? Jusqu'à ce qu'exsangues, les entreprises licencient à tour de bras, faute de moyens pour continuer dans ce contexte ?