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Condiments Darégal fait ses premiers pas dans l’huile d’olive

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Charles Darbonne signe sa première opération de croissance externe depuis son arrivée à la tête de Darégal. Avec À l’olivier, le producteur et transformateur d’herbes aromatiques veut aller plus loin dans les produits liquides, monter en gamme et s’adresser au grand public.

Darégal vint de signer sa première acquisition depuis bien longtemps – la dernière remonte à 18 ans avec Gyma – en mettant la main sur le producteur d’huile d’olive, d’huiles aromatisées et de vinaigre À l’olivier. Aucun montant d’acquisition n’est communiqué par l’acquéreur pour cette entreprise créée en 1822 et ayant réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 16 millions d’euros. « À l’olivier a dégagé une bonne rentabilité en 2018, supérieure à la rentabilité habituellement obtenue dans les surgelés », selon Charles Darbonne, p.-d.g. de Darégal, qui a acquis l’entreprise par endettement auprès de la Société générale (arrangeur), du Crédit Agricole, de BNP Paribas et de LCL. L’entreprise, qui étaient détenue à 100 % par la famille Blanvillain depuis 1978, compte cinq boutiques en propre et quatre sites industriels en France parmi lesquels les huileries de Bailly (Val-d’Oise), Neuville (Vienne) et Sainte-Anne (Alpes-Maritimes).

Avec cette acquisition, Darégal (148 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018) se renforce dans les liquides qu’il a commencé à développer ces dernières années (huiles infusées, coulis, sauces, etc.) et en se dotant d’un outil de pasteurisation à froid (HPP) qu’il utilise pour ses produits et qu’il met à disposition d’autres industriels.

À l’olivier : du potentiel à l’international

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Surtout, le producteur d’herbes installé à Milly-la-Forêt (Seine-et-Marne) obtient désormais une expertise dans l’huile d’olive aromatisée et les miniatures de plus en plus demandées par les fournisseurs de plateaux repas ou les enseignes de snacking. « Darégal et À l’olivier sont très complémentaires en termes de produits et de marchés », confirme Charles Darbonne. À l’olivier commercialise ses produits à 70 % en France, tandis que Darégal vend surtout à l’étranger. À l’olivier s’adresse à 60 % au grand public, quand Darégal vise à 80 % les professionnels. « La force de vente de Darégal, forte désormais de 60 collaborateurs, va profiter pleinement aux produits de la société A l’olivier qui ont un fort potentiel commercial à l’international », poursuit le p.-d. g. de Darégal.

À l’olivier permet aussi à Darégal de se doter pour la première fois d’une marque haut de gamme, ancienne et connue des amateurs, mais dépourvue jusqu’à maintenant de sources d’approvisionnement propres. Agriculteur dans l’âme, Charles Darégal souhaite investir dans l’amont. « Comme pour les herbes aromatiques, j’aimerais que nous puissions avoir nos propres oliveraies en France ou en Espagne », explique-t-il. Sans pour autant préciser quand se réalisera cet investissement, et quelle ampleur il prendra. Darégal détient déjà des actifs agricoles à l’étranger : en Andalousie, pour le basilic notamment, mais aussi en Californie avec Supherb Farms (co-entreprise avec Mc Cormick). Et après À l’olivier, d’autres opérations de croissance externe pourraient avoir lieu.