Dans ses derniers bilans, l’OniGC a revu à la hausse les stocks de fin de campagne en céréales. En blé, ils dépasseraient ceux de l’an dernier, alors que les cours ont atteint des sommets durant la campagne de commercialisation.
«Vu les niveaux de prix que l’on a, ce sera un paradoxe si on finit la campagne avec des stocks plus importants que l’an passé », a indiqué Rémi Haquin, président de l’OniGC (Office national interprofessionnel des grandes cultures), le 13 février, à Montreuil. C’est pourtant ce qui pourrait arriver. Ce mois-ci, l’Office a révisé nettement à la hausse ces chiffres. En blé tendre, le stock de report monterait finalement à 2,6 Mt contre 2,2 Mt estimées mi-janvier et 2,5 Mt sur la campagne 2006/2007. Les utilisations seraient moindres, tant en ce qui concerne les biocarburants qu’en alimentation animale. En maïs, le stock de report atteindrait 3,4 Mt contre 2,9 Mt prévus en janvier et 1,9 Mt l’an passé. Ce serait « l’un des plus élevés de ces quinze dernières années », a indiqué Patrice Germain, directeur adjoint de l’OniGC. L’une des raisons : la baisse des ventes vers l’Union européenne. Envisagées à 5,1 Mt, elles ne dépasseraient peut-être pas 4,6 Mt, soit 900 000 tonnes de moins que l’an passé. Il faut dire que les importations de sorgho dans l’Union fonctionnent à plein : 120 000 à 150 000 tonnes débarquent chaque semaine. De quoi faire du tort au maïs.
Moins de disponibilités chez les autres exportateurs
Comment alléger les stocks ? En exportant davantage vers les pays tiers, par exemple. Sauf que les céréales hexagonales ont encore du mal à être compétitives. Depuis le début de la campagne, l’origine française n’a par exemple pas encore réussi à intéresser les Egyptiens. La situation pourrait toutefois s’améliorer, car les disponibilités de nos concurrents américains ou argentins commencent à s’épuiser. Et en Russie comme en Ukraine, les quotas freinent les ventes. Seul le Kazakhstan aurait encore des réserves importantes. « Les Kazakhs n’ont exporté que 3 à 3,5 Mt alors que leur capacité est de 7,5 à 8 Mt », a indiqué Patrice Germain. Quant au maïs, la baisse des prix, si elle se poursuit, pourrait redonner un peu de tonus au produit hexagonal.
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Une récolte mondiale record annoncée pour 2008
Pour les dirigeants de l’OniGC, des stocks plus abondants que prévus ne constitueraient pas un atout pour la prochaine campagne de commercialisation. Car pour le moment, les clignotants mondiaux sont au vert. En blé, les surfaces mondiales seraient en hausse de 3 %, augmentant partout hormis en Chine et en Inde. Compte tenu des facteurs pédo-climatiques plutôt favorables, le CIC prévoyait fin janvier des rendements et une récolte records, à 642 Mt. Les céréales pourraient donc trouver moins facilement preneur, et l’embellie des cours se tasser.