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De gros changements chez Aryzta

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Sous la pression de plusieurs actionnaires activistes depuis ces derniers mois, Aryzta entame une nouvelle ère. Lors de l’assemblée extraordinaire qui se tenait le 16 septembre, les actionnaires du boulanger industriel suisse ont élu une nouvelle direction. Urs Jordi, ex-patron de Hiestand proposé par les actionnaires activistes Cobas Asset Management et Veraison Capital qui détiennent ensemble 20,01 % du capital, a été élu à une large majorité (65,79 % des voix) à la tête du conseil d’administration. Il succède à Gary McGann qui quitte la direction. La veille de l’assemblée, Andreas Schmid (ex-dirigeant de Barry Callebaut) soutenu par la direction du conseil d’administration sortant, avait annoncé le retrait de sa candidature. « Un vote à une écrasante majorité pour le changement », a déclaré Urs Jordi, non sans ajouter : « Notre tâche est claire et urgente. » Le nouvel homme fort d’Aryzta a déclaré son intention de vendre des actifs non essentiels pour rembourser la dette du groupe et simplifier l’entreprise plutôt que de la vendre. Il estime que « vendre aujourd’hui serait le plus mauvais moment ».

Engagée aux côtés de la banque Rothschild depuis avril dernier pour examiner différentes options stratégiques sur l’avenir du groupe, l’ancienne direction d’Aryzta avait confirmé le 11 septembre avoir entamé des discussions avancées avec Elliott au sujet d’une offre publique d’achat potentielle sur le groupe, sans certitude sur l’issue de ces négociations.

Un scénario que n’envisage donc pas la nouvelle direction qui va devoir s’atteler rapidement au redressement de l’entreprise. Au premier semestre de son exercice 2019/2020 (clos fin juillet), Aryzta avait annoncé en mars dernier un recul de 3,2 % à 1,65 Mrd€. Son Ebitda, quant à lui, augmentait de 12 % à 169,8 M€, mais sur une base comparable, il affichait un recul de 6,3 %, pénalisé par l’activité en Amérique du Nord, dont les performances n’ont pas été à la hauteur des attentes. Par zones géographiques, l’Ebitda affichait un recul de 4,4 % au premier semestre outre-Atlantique, contre une hausse de 22,5 % en Europe. Au niveau du bilan, le groupe indiquait avoir réduit sa dette nette, après la cession de Picard surgelés, à 1,96x l’Ebitba, « son plus bas niveau depuis 2013 », soulignait-il dans son communiqué.