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Séminaire De la bio pour protéger l’eau : l’idée fait des petits

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La Fédération nationale d’agriculture biologique organisait à la Rochelle, les 28 et 29 mai, un séminaire « Eau et bio » pour faire le point sur la démarche du même nom qu’elle a lancée en 2007. L’idée de protéger l’eau grâce à l’agriculture biologique s’est développée sur le terrain… et dans les discours.

Faire de l’agriculture biologique pour préserver la qualité de l’eau. Cette idée n’est pas nouvelle, mais elle a fait du chemin. Et elle revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec une acuité particulière, parcimonie budgétaire oblige. L’État, les collectivités et les acteurs économiques, qu’ils soient issus des milieux agricoles, de la gestion de l’eau ou de la protection de l’environnement, semblent désormais plutôt s’accorder sur une idée : celle de mettre les moyens financiers destinés à protéger l’environnement, en priorité sur les zones à plus fort enjeu. En ligne de mire notamment, les captages d’eau potable. Et les acteurs de l’agriculture biologique plaident pour que les moyens y soient dédiés à des solutions qui ont fait leur preuve, telle l’agriculture biologique, qui ne recourt pas aux produits chimiques de synthèse, argumentent-ils.

Eau et bio dans le plan bio

La Fnab, Fédération nationale d’agriculture biologique, qui travaille depuis 2007 sur la question (voir encadré), organisait les 28 et 29 mai à la Rochelle un séminaire de restitution de ses actions dans le cadre de son programme « Eau et bio ». L’occasion de constater que le message « couplons eau et bio » est plutôt bien reçu par les pouvoirs politiques. Voire affiché : « L’agriculture biologique est au carrefour des solutions des problématiques santé/alimentation/environnement, affirmait en clôture du colloque, Alby Schmitt, directeur adjoint de l’eau et de la biodiversité, au ministère de l’Ecologie. L’eau est aujourd’hui un gros enjeu. Notamment sur les produits phytosanitaires, vous avez la meilleure carte à jouer ». En saluant la « proactivité » de l’agriculture biologique pour son travail sur la protection des captages, il ajoutait : « Cela mérite d’être accompagné ». Et encouragé : avec les 10e programmes d’action des agences de l’eau qui prévoient d’augmenter à 800 millions d’euros à la lutte contre les pollutions diffuses, « il y a pour vous tout un territoire à conquérir ». C’est aussi dans cette direction que le ministre de l’Agriculture regarde. Il devait en effet annoncer, au surlendemain de ce séminaire de la Fnab, dans son plan « Ambition bio 2017 », la volonté de développer le bio « en complémentarité avec d’autres systèmes agricoles favorables à la qualité de l’eau » sur les zones à enjeu.

Réglementer, inciter : la juste mesure

Philippe de Guenin, de la DRAAF, de son côté mettait en garde les participants : « Avec l’adoption de politiques publiques sur l’agriculture bio, on a progressé. Maintenant, vous dites que ce mode de production a tellement d’aménités positives qu’il faudrait imaginer des mécanismes d’obligation (pour démultiplier les conversions). Mais attention : l’État n’est pas bon lorsqu’il s’agit de faire passer une obligation par la prescription. Exemple : malgré les messages sur les 5 fruits et légumes, leur consommation n’a pas bougé d’un demi-point depuis des années ». Il a toutefois jugé intéressant une proposition et a promis de la faire remonter au ministre : celle de rendre l’agriculture biologique obligatoire à partir du moment où une grande partie d’un territoire s’y serait convertie.

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